Veronica Berlusconi, la belle pas si silencieuse

PORTRAIT C'est l'héroïne principale du feuilleton marital qui secoue l'Italie: Veronica Lario, Madame Berlusconi depuis 19 ans. Dernier épisode en date, qui pourrait sonner le générique de fin de ce soap à l'italienne: sa demande de divorce...

Marina Bellot

— 

Veronica Berlusconi le 30 mai 2005
Veronica Berlusconi le 30 mai 2005 — DANIEL DAL ZENNARO/EPA/SIPA

Elle est à la Une de tous les quotidiens italiens, et dans les journaux du monde entier: Veronica Lario, brune pulpeuse aux yeux bleus de 51 ans.

Pourtant, sous ses airs de créature de magazine, Madame Berlusconi est restée plutôt discrète. Voire secrète. D’elle, on connaît finalement peu de choses: son goût pour le jardinage et ses penchants littéraires proustiens, c’est à peu près tout.

En 19 ans de mariage et 30 ans de vie commune avec son fougueux mari, la jeune femme a accepté sans résistance d’alimenter l’image de bon père de famille de Silvio Berlusconi. Il n’y a qu’à voir la pose qu’elle prend sur ces photos de famille.

Campagne familiale

Elle s’est appliquée à jouer son rôle de mère, élevant ses trois enfants, Barbara, Eleonora et Luigi (24, 22 et 20 ans aujourd’hui), à l’abri du monde politico-médiatique de leur père, leur interdisant même de regarder le petit écran.

Peut-être parce qu’elle en connaissait les rouages et en avait subi les désillusions. Car l’ancienne actrice de séries B n’a jamais réussi à percer sur le grand écran, se contentant de multiplier les seconds rôles. Celui qui a marqué sa carrière, c’est cette apparition dans le film d’horreur «Ténèbres» de Dario Argento en 1982. Scène culte mais lapidaire dans laquelle elle se fait assassiner par un tueur en série.



C’est d’ailleurs en se produisant au théâtre Manzoni à Milan qu’elle aurait séduit son futur mari. C’était en 1980 et, selon «Arrêt sur images», elle y dénudait sa poitrine dans une scène du «Cocu magnifique».

Avis contraire en politique

Sur le plan politique aussi, elle affiche ses positions iconoclastes: elle ne soutient pas la guerre d'Irak, vote «oui» au référendum sur la procréation assistée et, surprise, révèle qu’elle n’a pas toujours voté Forza Italia, le parti de son mari.

Bien que peu adepte des déclarations publiques, Veronica a multiplié ces derniers temps les coups d’éclat médiatiques. Il y a deux ans, en janvier 2007, elle exigeait des excuses publiques, dans une lettre ouverte au journal «La Repubblica», alors que son mari avait fait la cour à une députée de son parti. Monsieur s’était exécuté, avec ces mots: «Je conserve ta dignité dans mon cœur comme un bien précieux».

Mais le cœur n’y est plus. Aujourd’hui, c’en est trop: quand elle apprend la présence de son mari, dimanche 26 avril, à la soirée d’anniversaire donnée par une jeune fille, Noemi Letizia, pour ses 18 ans. «Il n’est jamais venu à aucun des dix-huitième anniversaire de ses enfants!», s’est indignée son épouse.

Plus remontée que jamais, elle sonne la charge finale contre son mari. «Les sondages indiquent que les déclarations de Veronica Lario n’ont eu, avant l’annonce du divorce, aucune incidence sur l’électorat, écrit Libération. La séparation changera-t-elle la donne?»