Après les railleries, le Royaume-Uni pleure Jade Goody

REVUE DE PRESSE Les journaux britanniques évoquent la jeune femme, décédée des suites d'un cancer de l'utérus samedi...

Sandrine Cochard

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Jade Goody, atteinte d'un cancer, vendait son image pour laisser un héritage à ses enfants.
Jade Goody, atteinte d'un cancer, vendait son image pour laisser un héritage à ses enfants. — S. JONES / SIPA

«Courageuse», «extraordinaire», «déterminée»… La presse britannique salue lundi la mémoire de Jade Goody, figure de la téléréalité outre-Manche décédée samedi. Car si la médiatisation de son cancer lui avait valu les critiques, sa mort samedi a provoqué une vague d’émotion au Royaume-Uni.
 
Symbole populaire
 
Les tabloïds qui ont fait de Jade Goody une icône médiatique - pas un jour ne s'écoule sans que son visage et son crâne rendu chauve par les séances de chimiothérapie n'apparaissent en Une – reviennent largement sur sa disparition, lundi. «The Sun», qui propose à ses internautes de laisser leur message en la mémoire de la jeune femme décédée, a lancé une pétition pour abaisser l’âge de dépistage du cancer de l’utérus, celui dont souffrait Jade Goody, au Royaume-Uni. Ce journal même qui taxait Goody du doux sobriquet d’hippopotame lors de sa participation à Big Brother en 2002, rappelle «The Telegraph».
 
Mais une Goody malade et luttant pour sa survie est devenue bien plus fréquentable qu’une Goody inculte aux propos parfois racistes. Ainsi pour Stephen Frey, célébrité du petit écran britannique, la jeune femme était «une princesse Diana du mauvais côté de la voie ferrée», comprendre en bas de l’échelle sociale. Un symbole populaire qui dépasse la sphère médiatique, le chef du gouvernement britannique Gordon Brown ayant lui-même fait part de sa tristesse lors de la disparition de la jeune femme.
 
Célébrité
 
De nombreux journaux qui avaient d’abord raillé la mise en scène médiatique de Goody, dénonçant un voyeurisme malsain, lui rendent également un hommage appuyé. «Malgré la démocratisation supposée de la télévision, les personnes manquant d’éducation ainsi que ceux marqués du sceau de la pauvreté et de la privation n’apparaissent que rarement à la lumière du petit écran. Et soudain, il y a eu Jade, symbole de toutes ces vérités qui dérangent», souligne «The Guardian».
 
Car Jade Goody était avant tout une «fille ordinaire» dont la quête acharnée de célébrité l’a fait passer du statut de monstre à celui de phénomène médiatique selon «Times». Plus médiatiquement correct sans doute.