Générique de fin pour Jade Goody

Alice Antheaume

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Jade Goody, atteinte d'un cancer, vendait son image pour laisser un héritage à ses enfants.
Jade Goody, atteinte d'un cancer, vendait son image pour laisser un héritage à ses enfants. — S. JONES / SIPA

C’est fini pour Jade Goody. L’ex-candidate du «Big Brother» britannique a succombé à son cancer, dans la nuit du samedi au dimanche 22 mars. Elle allait avoir 28 ans le 5 juin prochain. Une fin foudroyante, conforme à ce que les médecins lui avaient prédit en février, lui annonçant qu’elle n’avait plus que quelques semaines à vivre.

Jusqu’à son dernier souffle, Jade Goody avait réglé la focale au millimètre près, mettant sa maladie et sa vie sous l’œil des médias. Et monnayant chacune de ses apparitions - les photos de son mariage, celles de sa chimio, celles de son hospitalisation, etc. Résultat: sa fortune est estimée à plusieurs millions d’euros. De quoi offrir à ses deux enfants, Bobby, 5 ans, et Freddy, 4 ans, un avenir serein, sans drogue ni misère, a expliqué leur mère, qui a choisi de mourir chez elle, plutôt qu’à l’hôpital. Pour «passer le temps qu'il lui restait avec Jack (son nouveau mari) et ses fils», a expliqué son agent, Max Clifford.

Un rêve de tabloïd

Résumons: un cancer fatal, une apparition à la téléréalité, un mariage avec un ex-détenu, Jack Tweed, 21 ans, sans oublier un père mort d’overdose, une mère manchote et lesbienne... Jade Goody était un «rêve pour les tabloïds», écrit «The Guardian». D’autant que, à mesure qu’elle apparaissait à la télé, en larmes, sa popularité a grandi. Elton John lui a offert de passer sa nuit de noce dans l’une de ses demeures et Mohamed al-Fayed lui a donné une robe de mariage.

Avant d’apprendre qu’elle était malade, en août 2008, Jade Goody avait déjà réussi à se faire remarquer. Et ce, dès les premiers épisodes de «Big Brother» en 2002. Elle déambulait nue ou ivre, et ne manquait jamais l’occasion de montrer son inculture: «C’est quoi, une asperge?» ou «Rio de Janeiro, c’est qui?». Des incongruités qui n’ont jamais enrayé son sens des affaires.

Finish... télévisé

«J’ai vécu devant les caméras, a-t-elle confié. Et je vais peut-être mourir devant elles». Et après sa mort? Jade Goody n’a pas oublié de donner des directives, disant à qui voulait l’entendre vouloir qu’on se souvienne d’elle comme d’une «battante» et que ses funérailles seraient publiques et télévisées pour «remercier tous mes fans qui m’ont souhaité d’aller au paradis».