Affaire Polanski: la victime demande l'abandon des poursuites

PEOPLE Le réalisateur avait eu des relations sexuelles avec elle alors qu’elle était âgée de 13 ans...

Avec agence

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Le cinéaste français d'origine polonaise Roman Polanski s'est rebellé en pleine conférence de presse au Festival de Cannes dimanche, jugeant les questions des journalistes "pauvres", et les accusant de ne "plus s'intéresser au cinéma".
Le cinéaste français d'origine polonaise Roman Polanski s'est rebellé en pleine conférence de presse au Festival de Cannes dimanche, jugeant les questions des journalistes "pauvres", et les accusant de ne "plus s'intéresser au cinéma". — Anne-Christine Poujoulat AFP

Le dossier pourrait bientôt être clos. Samantha Geimer, la victime dans l'affaire qui a conduit Roman Polanski à fuir les Etats-Unis, a demandé lundi l'abandon des poursuites contre le cinéaste. Celui-ci risque toujours la prison pour avoir eu des relations sexuelles avec elle lorsqu'elle avait 13 ans, en 1977.
 
Fugitif
 
Le 2 décembre dernier, le metteur en scène, aujourd'hui âgé de 75 ans, avait déposé via ses avocats un recours auprès d'un tribunal de Los Angeles, lui demandant d'abandonner la procédure courant contre lui depuis plus de 31 ans. Ses défenseurs avaient affirmé avoir mis au jour de nouvelles preuves montrant que le réalisateur n'avait pas bénéficié à l'époque d'une procédure pénale équitable.
 
Dans sa réponse le 6 janvier, le parquet avait demandé au magistrat de rejeter cette demande tant que Roman Polanski ne se présentait pas lui-même au tribunal: le réalisateur est officiellement «fugitif» et recherché par la justice américaine depuis qu'il a quitté le pays pour éviter d'être emprisonné début 1978.
 
Mais la victime, aujourd'hui âgée de 45 ans et mère de trois enfants, a déposé une demande lundi devant le juge, réclamant à son tour l'abandon des poursuites. «J'étais la jeune fille de 13 ans dont Roman Polanski a abusé le 10 mars 1977 (...) j'ai demandé que cette affaire se termine sur le plan judiciaire. J'ai pressé le procureur et le tribunal d'abandonner ces poursuites», écrit Samantha Geimer. Et d’ajouter: «aussi vrais qu'ils soient, la publication des détails (de l'agression) font mal à moi, à mon mari, à mes trois enfants et à ma mère».
 
Samantha Geimer a déjà réclamé à la justice l'abandon des poursuites contre Roman Polanski, en 1995 et 1997. Sans succès.

Les faits

Les faits s'étaient déroulés dans la demeure de Jack Nicholson à Hollywood. Selon la police, le réalisateur de «Chinatown» avait fait consommer de la drogue et de l'alcool à sa victime, avec laquelle il effectuait une séance de photos pour un magazine, avant de la violer.

Condamné à une «évaluation» de trois mois dans une prison, Polanski y avait passé 47 jours. Le 31 janvier 1978, au lendemain d'une réunion entre ses avocats et un juge lors de laquelle ce dernier avait laissé entendre qu'il allait le renvoyer sous les verrous, Roman Polanski avait pris un avion pour l'Europe.

La procédure courant contre lui à Los Angeles n'a jamais été annulée et le cinéaste n'a pas remis les pieds depuis plus de 30 ans sur le sol américain, ni pour recevoir l'Oscar du meilleur réalisateur qui lui a été décerné en 2003 pour «Le pianiste», ni se recueillir sur la tombe de son épouse Sharon Tate, sauvagement assassinée par des adeptes du gourou psychopathe Charles Manson en 1969, alors qu'elle était enceinte de huit mois.