Les commentaires sur le retour de Rachida Dati virent à l'affrontement politique

PEOPLE Les Français comme des personnalités politiques réagissent à la reprise de la Ministre, cinq jours après son accouchement...

Avec agence

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Le retour au ministère de la justice de Rachida Dati, cinq jours après son accouchement, suscite étonnement ou critiques des féministes, même s'il n'y a médicalement "pas de contre-indication physiologique" et si certaines pensent qu'elle n'avait "pas le choix".
Le retour au ministère de la justice de Rachida Dati, cinq jours après son accouchement, suscite étonnement ou critiques des féministes, même s'il n'y a médicalement "pas de contre-indication physiologique" et si certaines pensent qu'elle n'avait "pas le choix". — Gérard Cerles AFP

Le retour au travail de Rachida Dati, cinq jours après son accouchement, suscite une foule de commentaires. De la part des Français comme des personnalités politiques.

Selon un sondage réalisé par l'Ifop dans le «Journal du Dimanche», 56% des Français estime que la ministre de la Justice a eu «tort» de reprendre le boulot si vite. Parmi les 1.014 personnes sondées, les femmes sont plus nombreuses (60%) que les hommes (51%) à trouver qu’elle a eu «tort». 33% des Français pensent qu'elle a eu raison (30% des femmes et 36% des hommes).

Par ailleurs, 9% ont dit que «c'était son affaire», une réponse qui n’était pas suggérée. Un avis partagé par la sénatrice UMP Catherine Dumas qui a déjà fait savoir, via un communiqué, que la «décision de Rachida Dati appartient à la sphère privée». Zapper un congé maternité, ça la regarde. «La Ministre de la Justice a agi en toute liberté, sans s’ériger en exemple pour les autres femmes».

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Toujours d’après le sondage Ifop, 2% des Français ne se prononcent pas. Quant aux sympathisants de gauche, ils sont 65% à trouver qu'elle a eu tort (contre 23% raison). 45% des sympathisants de droite pensent également qu'elle a eu tort (46%, raison).

Un commentaire inattendu


Dans l’opposition justement, Ségolène Royal (PS) a aussi commenté la nouvelle. «Se remettre debout cinq jours seulement après avoir subi une césarienne, c'est trop rapide, sans doute. Mais à fonction exceptionnelle, comportement exceptionnel», a dit la socialiste dans une interview au JDD.

Solidarité féminine? Occasion de prendre la parole? Contre toute attente, Royal a pris la défense de Dati: «Qu'on laisse donc tranquille Rachida Dati! Cet acharnement contre elle est indécent et injuste». Rappelons que Ségolène Royal a été, en 1992, la première femme ministre en exercice à accoucher.

Retournement

Nadine Morano, secrétaire d'Etat en charge de la Famille, a dénoncé dimanche le «soutien visiblement intéressé» de Ségolène Royal à la ministre de la Justice. Selon elle, l'ex-candidate socialiste à la présidentielle tente d'exister en engendrant comme d'habitude la polémique sur Nicolas Sarkozy» et «détourne les heureux évènements de notre famille politique pour masquer son incapacité à unir la sienne».

Et hop, Morano retourne en la faveur du gouvernement les propos de Royal. Rappelant que celle-ci avait caché son début de grossesse lorsqu'elle était ministre de crainte d'être écartée du gouvernement, Nadine Morano assure que Royal «n'aurait pas eu à le faire sous la présidence de Nicolas Sarkozy, respectueux de l'engagement des femmes en politique».

Une loi à venir?

Le débat fait rage au point que Valérie Pécresse a plaidé dimanche pour la création par la loi d'un intérim de 16 semaines pour les femmes politiques après un accouchement, jugeant que Rachida Dati n'avait «pas le choix» lorsqu'elle est revenue à son ministère si vite. «Je crois que si nous voulons banaliser la politique pour les femmes, attirer le maximum d'entre elles en politique et éviter qu'elles aient à faire des choix proprement inhumains en termes de vie privée et en termes d'épanouisement personnel, il faut que nous entamions une réforme institutionnelle et que nous prévoyons un intérim de 16 semaines pour chaque élue, députée, maire, conseiller général et pourquoi pas pour les ministres», a-t-elle dit. 

«Le suppléant prendrait la responsabilité automatiquement et rendrait le siège une fois l'intérim passé», a précisé la ministre et «soyons même fou, on pourrait prévoir que cet intérim puisse aussi exister» pour les hommes politiques.