Justine Lévy, la fille de BHL, a fait d’un chagrin d’amour people, un roman quasi autobiographique

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Dans Rien de grave (Stock), Justine Lévy raconte sa rupture, il y a trois ans, avec son mari Raphaël. Rien de plus banal. Sauf que Raphaël est le fils de l’éditeur Jean-Paul Enthoven, lequel se fit ravir le coeur d’une certaine Carla Bruni. A suivre dans ce scénario digne des « Feux de l’amour » : une victoire de la musique pour l’ex-top model, la une de Paris Match pour les amants maudits et un passage télé dans « Tout le monde en parle », sur France 2, pour la belle abandonnée... Vous attendiez-vous à un tel battage autour de votre livre ? Je ne pensais pas que ça marcherait autant (110 000 exemplaires vendus en moins d’un mois, ndlr). Mais si j’avais voulu faire un scandale, je me serais contentée d’appeler un journal people pour lui raconter mon histoire. Ecrire un roman, c’est du temps, de l’énergie. Vous sembliez mal à l’aise sur le plateau d’Ardisson, il y a quinze jours ? La promo télé, c’est un autre métier que d’écrire des livres ! Le plateau était vaste, Ardisson très loin, je ne voyais pas ses yeux. Et j’avais honte d’arriver avec mon petit chagrin d’amour après le témoignage d’une femme victime du terrorisme et malade du sida. Que répondez-vous à ceux qui vous reprochent de régler vos comptes ? Que la littérature sert aussi à ça. Que je règle d’abord les miens et qu’ils le sauraient s’ils lisaient mon livre. Je n’écris pas pour plaire. Je suis contente d’avoir écrit ce livre : j’avais besoin de tourner la page pour commencer un troisième roman. Si c’était à refaire ? Je n’ai pas encore assez de recul, mais aujourd’hui je ne changerais rien. Pas même la chirurgie esthétique de Paula (alias Carla Bruni, ndlr), ce qu’on m’a beaucoup reproché. Dans mon roman, j’avais besoin qu’Adrien quitte Louise pour une femme parfaite. Et puis Carla ne fait pas mystère de ses opérations esthétiques. C’est une femme intelligente qui a déjà vendu des millions de disques. Je ne pense pas que mon livre la déstabilise. Il n’a pas été écrit pour ça. Raphaël serait en train d’écrire sa propre version de l’histoire. Il vous en a parlé ? Non. Je sais que son livre sera beau, mais d’une violence inouïe. J’ai écrit pour prendre du recul avec mon chagrin, sans penser à faire du mal. Je ne suis pas sûre que ses motivations soient les mêmes. Propos recueillis par Karine Papillaud