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PEOPLE

Que sont devenus les gentils rappeurs français des années 1990?

Ils arboraient casquette et basket tout en prônant l'amour et le respect dans un esprit festif à mille lieues des cris de révolte de NTM ou IAM. Mais où sont-ils passés?

Alors que Booba vient de sortir un nouvel album décevant, 20minutes.fr se replonge dans l'histoire du rap français. Au milieu des années 1990, il se divise en deux catégories: les gentils rappeurs, souvent fans de la lettre K (Alliance Ethnik, Ménélik, Reciprok), aux textes légers et festifs; et les rappeurs révoltés, se voulant les porte-parole des quartiers. Quinze ans plus tard, les seconds sont toujours sur scène quand les premiers ont disparu. Mais où sont-ils passés?

Alliance Ethnik

Qui se souvient de Mel-K et de sa clique, distillant bonne humeur et propos politiquement corrects dans un esprit «simple et funky»? Le groupe estampillé «vent de fraîcheur» perce en 1995 mais sera poussé vers la sortie par la tendance gangsta rap quatre ans plus tard, après un second album inégal. Des cinq membres du groupe, seuls Crazy B., le DJ de la bande, et Vinia Mojica, la chanteuse américaine, s’accrochent encore à la musique. Si le premier se produit en soirée, en solo ou avec son nouveau groupe Birdy Nam Nam, la seconde rame méchamment: sa carrière se résume à des featuring, bien que prestigieux (elle a notamment collaboré avec Mos Def ou encore Mary J.Blige). Elle n’a sorti qu’un single en 2003 et serait, depuis, toujours en préparation d’un album. Quant au leader Kamel Houairi, il est marié à Muriel Hurtis, avec laquelle il a un enfant.

Ménélik


Celui qui chantait «Tout baigne» est à la traîne. Après la sortie de son deuxième album, «Je me souviens», en 1997, Ménélik fait ce que l’on appelle pudiquement une pause musicale pour lancer une ligne de vêtements… de golf «Cuzgolf». On est donc loin de l’univers hip-hop. Ce qui ne l’empêche pas de penser à son retour sur scène. En 2008, il sort un nouvel album, «Project 2.0», et se rebaptise MNLK. Un nouveau nom d’artiste pour oublier des casseroles sa carrière passée?



Reciprok

Le duo composé de Kayse et Sanders a connu une carrière éclair qui débute en 1995 avec l’album «Libres comme l’air» et des titres aussi engagés que «Tchi tcha» et «Balance-toi», et s’achève trois ans plus tard avec la séparation du groupe. Kayse continue en solo, optant pour un rap plus gangsta avec armes ostensibles et attitude de méchant garçon. Celui qui se voit comme un pionnier du rap «west coast» en France préparerait un «projet international». Avec le Belge Benny B.?

Matt Houston

«Tricard» dès le départ, le chanteur revendique son appartenance au R’n’B à l’époque où cette appellation est encore une insulte dans le milieu hip-hop. Il perce au début des années 2000, sur une scène hip-hop en berne. Il enchaîne les titres inoffensifs comme «R’n’B de rue» et «Cendrillon du ghetto» avant de s’acoquiner avec Def Bond pour doper son image avec «Bouge ton boule», un titre alors osé. En 2004, Matt touche le fond. Il attaque en justice Matt Pokora pour que celui-ci change son nom d’artiste, qu’il juge trop proche du sien et pouvant induire le public en erreur. Depuis, il a sorti un quatrième album en 2006, «Phoenix 2006», passé inaperçu. Un échec qu’il impute à sa maison de disque Barclay, qu’il a attaqué en justice en 2007 pour rompre le contrat qui les liait encore six années. Il prévoit un nouvel opus pour décembre.

Mc Solaar

Déjà à la marge dans les années 1990, taxé d’intello et mégalo, MC Solaar tient bon sa barque et développe son style propret mais poétique en sept album, un record dans le milieu hip-hop. Le chanteur tourne vraiment mal avec son dernier projet, celui de la comédie musicale «Rabbi Jacob», à l’affiche depuis le 18 septembre au Palais des Congrès.


MC Solaar - Rabbi Muffin
envoyé par wonderful-life1989