Le Roi Heenok est à Paris et surtout à Disneyland

Cédric Couvez

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le Roi Heenok au Social Club à Paris le mardi 10 juin 2008
le Roi Heenok au Social Club à Paris le mardi 10 juin 2008 — Cédric Couvez

Une nuit commence parfois par un rendez-vous raté. 22 heures, on doit rejoindre le Roi Heenok, fraîchement libéré de prison pour possession d’armes à feu et de stupéfiants, à son hôtel. On appelle Jean-Marie, son frère, qui nous indique qu’ils dorment à… Disneyland.
 
Le Roi Heenok fan de Mickey, voilà un scoop! On patiente donc au Wax  à deux pas de Bastille pour une petite teuf Arte. La chaîne franco-allemande fête son programme «Summer 70’s». Le petit bar kistchounet accueille une foule hétéroclite et sympathique. Le Dj pousse sans conviction visible ses disques de l’époque alors qu’une jolie brune allume une blonde sur la piste sous les regards désapprobateurs des convives.
 
After work avec open bar
 
A croire que depuis janvier, il est plus choquant de griller une cigarette dans un rade que de prendre de la drogue sur une cuvette de WC. Après une tournée de bises, on a très vite l’impression d’être à un «after work avec open bar» pour commerciaux de la pub média. Pas très hippie tout ça.
 
Minuit, direction le Social Club. Une foule exclusivement masculine se presse devant l’entrée. Le physionomiste un poil psychorigide lutte avec une liste chiffonnée. Heenok n’est décidément pas le roi de l’organisation. Aux dernières nouvelles, le rappeur est encore à Marne-la-Vallée, on se rabat donc au Croissant, un bar juste en face. Le jeune proprio balance du rap US à fond jusqu’à l’intervention de deux flics en civil. «Mais non, ce n’est pas de la provocation !», assure le barman aux policiers.
 
«Brilles-brilles»

2 heures du mat’, on entre finalement dans l’ancien Triptyque. L’ambiance est électrique. Le Roi se fait attendre. Son arrivée sur scène fait monter la température. Avec ses «brilles-brilles» en diamants, le Canadien parle beaucoup de son expérience en taule, de ses frères ennemis du rap français…
 
Séances d’auto-kiffs, le tout entrecoupé de skits d’Aznavour qui hurlent «Je me voyais déjà en haut de l’affiche.» A la fin de son show d’une petite heure, la fosse est sceptique. Mais le Roi y croit encore: ««Yo mes négros, je viens de sortir de taule. J’ai dû payer les juges donc il faut acheter mon album, Cocaïnorapmusic. Ils m’ont tout pris, faut pas le télécharger, t’entends?»