Deux mois de prison avec sursis et 15.000 euros d'amende pour Brigitte Bardot?

avec Agence

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Deux mois de prison avec sursis et 15.000 euros d'amende ont été requis mardi devant le tribunal correctionnel de Paris à l'encontre de Brigitte Bardot, poursuivie pour incitation à la haine envers la communauté musulmane.
Deux mois de prison avec sursis et 15.000 euros d'amende ont été requis mardi devant le tribunal correctionnel de Paris à l'encontre de Brigitte Bardot, poursuivie pour incitation à la haine envers la communauté musulmane. — Eric Feferberg AFP/Archives

Deux mois de prison avec sursis et 15.000 euros d'amende ont été requis, mardi, devant le tribunal correctionnel de Paris à l'encontre de Brigitte Bardot, poursuivie pour incitation à la haine envers la communauté musulmane.

Des propos poursuivis par plusieurs associations antiracistes

L’affaire remonte à décembre 2006. L'ancienne actrice avait adressé une lettre à Nicolas Sarkozy, alors ministre de l'Intérieur, où elle réclamait que les animaux tués par les musulmans lors de l'Aïd el-Kebir soient étourdis avant d'être saignés. Ce courrier avait été publié dans le magazine «Info-Journal» et distribué aux sympathisants de la Fondation Brigitte Bardot. Dans cette lettre, elle écrivait: «Il y en a marre d'être menés par le bout du nez par toute cette population qui nous détruit, détruit notre pays en imposant ses actes». Des propos poursuivis par plusieurs associations antiracistes (Mrap, LDH et Licra) au titre de la «provocation à la discrimination ou à la haine raciale» envers la population musulmane.

«Fatiguée et lasse»

Absente à l'audience, en raison de ses «difficultés à se déplacer», Brigitte Bardot, 73 ans, avait adressé une lettre au tribunal: «Je suis écoeurée par le harcèlement que me portent ces associations. Je ne me tairai que lorsque les étourdissements seront pratiqués sur les animaux avant l'abattage rituel», y ajoutait-elle, se disant «fatiguée et lasse».

«Moi aussi, je suis fatiguée et lasse», lui a répondu le procureur de la République, rappelant les quatre condamnations de Brigitte Bardot pour des propos similaires depuis 1997. Après des amendes de 1.500 à 5.000 euros, «il est temps de prononcer des peines qui sont plus marquantes», a estimé le procureur.

«Nauséeux et xénophobes»


Les parties civiles quant à elles ont dénoncé les propos «nauséeux et xénophobes» de la prévenue. «Vous y voyez du racisme, de la xénophobie, mais moi je n'y vois que l'expression d'un combat qui est le sien», celui en faveur de l'étourdissement préalable des animaux avant l'abattage, a plaidé l'avocat de Brigitte Bardot. La 17e chambre rendra sa décision le 3 juin prochain.