Avant Laeticia Hallyday, Yoko Ono, Bambou, ou Amber Heard se sont pris des «seaux de merde»

MISOGYNIE Avant Laeticia Hallyday, Yoko Ono, Bambou ou Amber Heard se sont pris des « seaux de merde dans la gueule » comme avait annoncé Johnny Hallyday…

Anne Demoulin

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Laeticia Hallyday, le 19 janvier 2017 à Los Angeles.
Laeticia Hallyday, le 19 janvier 2017 à Los Angeles. — Jason Agron/BFA/Shutter/SIPA
  • Détestée par une partie des fans, Laeticia Hallyday est  la cible d’attaques très violentes. 
  • Pour beaucoup de fans des Beatles, Yoko Ono incarne aujourd’hui encore la « sorcière japonaise », la femme par qui la discorde arrive.
  • Bambou a été complètement occultée par les médias au moment du décès de Serge Gainsbourg.
  • Amber Heard est passée pour une affabulatrice en accusant Johnny Depp de violences conjugales.

Laeticia Hallyday, détestée par une partie des fans, est désormais la cible d’attaques très violentes.  Johnny Hallyday avait anticipé, bien avant la bataille qui oppose sa femme Laeticia et ses deux enfants aînés, Laura Smet et David Hallyday, au sujet du testament, cette détestation. « Laeticia va prendre des seaux de merde dans la gueule. Aidez-la à tenir », avait-il déclaré selon les informations de L’Express paru le 21 février 2018.

Avant Laeticia, de nombreuses compagnes d’artistes ont subi les foudres des fans ou de la presse, accusées, plus souvent à tort qu’à raison, de tous les maux.

Yoko Ono, la sorcière

L’une des femmes les plus détestées des fans de rock’n’roll est sans nul doute Yoko Ono, « Miss Oh No ! ». Pour beaucoup de fans des Beatles, elle incarne aujourd’hui encore la « sorcière japonaise », la femme par qui la discorde arrive. Cette image a pour effet de faire oublier qu’elle était, bien avant sa rencontre avec John Lennon, une artiste d’avant-garde reconnue et estimée.

Lorsqu’elle rencontre John Lennon en 1966, ils sont tous les deux mariés avec des enfants, John, à Cynthia Lennon, elle, au cinéaste Anthony Cox. C’est elle qui devient la plus grande briseuse de foyers du monde, avant d’être accusée d’avoir séparé le groupe le plus populaire des sixties. En réalité, le groupe souffrait de dissen­sions internes depuis longtemps. Une proie facile pour les fans des Anglais qui n’auraient (selon eux) pas dû se séparer.

Lequel a eu plus d’in­fluence sur l’autre ? On passe à l’as aussi le travail en duo, entre musique expéri­men­tale et perfor­mance, entre la Japonaise et le petit gars de Liverpool. Elle a dû attendre quarante-six ans pour être officiellement reconnue comme coauteure d’Imagine, le tube planétaire sorti en 1971. « A cette époque, j’étais un peu plus égoïste, un peu plus macho et j’ai comme omis de mentionner sa contribution. Mais ça venait de son livre Grapefruit », confiait pourtant John Lennon à ce sujet en 1980.

Yoko Ono a offert à John Lennon, après la nais­sance de Sean en 1975, une vie tranquille, loin de la fréné­sie des Beatles. Un couple non conventionnel, où John s’occupe de leur fils tandis qu’elle gère le business.
Elle surmonte, seule et silencieuse derrière des lunettes fumées, l’abject assassinat, le 8 décembre 1980, de son époux. A son comp­teur, plus de soixante ans de carrière, des centaines de créa­tions, une rétrospective de son œuvre au MoMA de New York tout en gérant la mémoire de John Lennon. Elle n’est toujours pas aimée, mais ne s’en soucie plus. Non sans humour, elle sortait il y a neuf ans un album pop d’avant-garde inti­tulé Yes, I’m a witch (« Oui, je suis une sorcière »).

Bambou, dans l’ombre de Jane

Bambou a été la dernière compagne de Serge Gainsbourg, celle d’après Jane Birkin. On connaît l’histoire, cette magnifique liane eurasienne a 20 ans quand elle rencontre le musicien sur la piste de danse de l’Élysées-Matignon. Elle le traite de « vieux con » et lui de « boudin », et c’était parti. Ils partagent ensemble une souffrance commune. Elle a été abandonnée par ses parents, lui, quitté par Jane. Elle se drogue, il boit.

Le couple décide d’avoir un enfant. Elle arrête de se droguer deux ans avant de tomber enceinte de Lucien Gainsbourg, pourtant les médias « pensaient qu’on allait faire un monstre », confie-t-elle à Thierry Ardisson. « Quand Lulu est arrivé, Serge a dit "J’ai sauvé une vie en donnant la vie", et il savait bien ce qu’il disait », raconte-t-elle aux Inrocks.

A la mort du chanteur en 1991, elle est complètement oubliée par les médias et les fans. « J’ai eu un moment de doute pendant six, huit mois, parce que quand Serge est mort, les médias ont fait comme s’il n’y avait eu que Jane. Ça m’a blessée. J’en arrivais à croire que Lulu était une erreur de la nature, comme moi. Heureusement, j’avais gardé tous les articles qui parlaient de Lulu. J’ai été malade, une maladie que j’avais provoquée à 70 %. J’ai failli retomber dans la came. Mais comme Lulu était là, je n’avais pas le droit de faire un faux pas. »

On lui reproche aussi d’en avoir voulu qu’à l’argent de Serge Gainsbourg : « Du vivant de Serge, on m’a sorti pire que ça », « pour les histoires de blé, j’ai toujours été à côté de la plaque. La maison est à Lulu, je préférais que Serge la donne à son fils. Déjà de son vivant, je ne voulais rien », se souvient celle qui a renoncé à tout.

Amber Heard, l’affabulatrice

Une romance qui commence, comme beaucoup d’autres à Hollywood, sur un plateau de tournage. Amber Heard a rencontré Johnny Depp sur le tournage de Rhum Express, le film de Bruce Robinson sorti en 2011. Leur liaison sonne la rupture entre Johnny Depp et Vanessa Paradis, après deux enfants et quatorze ans de vie commune. Johnny Depp a alors 49 ans, Amber Heard 27. Cette dernière devient dans les médias la sulfureuse briseuse de ménage. En 2014, le couple se fiance, connaît des hauts et des bas, puis se marie le 4 février 2015 à Los Angeles.

Quinze mois plus tard, Amber Heard demande le divorce, accusant l’acteur de violences conjugales. Aux yeux des nombreux fans de l’acteur, Amber Heard passe pour une affabulatrice.

Au terme d’un long feuilleton médiatique, elle abandonne les poursuites pour violences conjugales et divorce en échange de sept millions de dollars (6,1 millions d’euros). Trois jours plus tard, elle annonce qu’elle reversait l’intégralité de cette somme à deux institutions, l’American Civil Liberties Union (ACLU), une association américaine quasi centenaire qui défend entre autres les femmes battues et le Children’s Hospital of Los Angeles, le plus grand hôpital pédiatrique de la Californie du sud.

Amber Heard est finalement une femme de parole puisqu’elle a donné plusieurs millions de dollars à des oeuvres de charité.