VIDEO. «Les Marseillais» : «Tchatcheur, y’en a assez, cousumain…», quand les expressions rentrent dans le langage courant et deviennent des marques

DEGUN Parmi les expressions utilisées dans l'émission de téléréalité, certaines font déjà partie du décor marseillais, tandis que d’autres sont inventées…

Adrien Max
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L'émission «Les Marseillais South America» se termine vendredi 19 mai.
L'émission «Les Marseillais South America» se termine vendredi 19 mai. — Fanch Drougard / W9
  • Les candidats des Marseillais utilisent beaucoup d’expressions, souvent imagées, issues du « parler marseillais », ou non.
  • Ces expressions rentrent dans le langage courant des adolescents.
  • Elles deviennent même des marques.

« Cousumain, tchatcheur, y’en a assez… » Si vous regardez l’émission de télé-réalitéLes Marseillais ces expressions ne vous sont pas inconnues. Pour les autres, bien qu’imagées, elles relèvent souvent du charabia. Pourtant, si vous tendez bien l’oreille dans une discussion de djeunes, vous les entendrez à coup sûr.



« Bien sûr qu’on les utilise », confirme un groupe de lycéennes. « Au collège tout le monde utilise ces expressions », abondent Simon et Amaury, 12 ans chacun. Parfois reprises du « parler marseillais », ou pure invention, elles rentrent de plus en plus dans les expressions courantes chez les ados, et deviennent même des marques.

Des expressions marseillaises, d’autres non

Julien Tanti, personnage emblématique des différentes saisons, est très friand de ce genre d’expression, comme « dégun », « gâté », « les fratés », « cousumain », « tchatcheur », ou « y’en a assez ». Parmi elles, on retrouve des expressions typiques du « parler marseillais », comme « dégun », très utilisée à Marseille et qui signifie « personne ». « On craint dégun », souvent utilisée par les supporters de l’Olympique de Marseille, en est le meilleur exemple. De même pour « gâté », qui signifie « câlin », certes moins courante chez les ultras de l’OM.



D’autres, comme « fratés » ou « tchatcheur », ne sont pas couramment utilisées à Marseille. « Il y a en Corse une expression similaire, avec le mot “fraté”, parfois prononcé “fradé”, pour dire “frère”. Ce n’est pas une expression marseillaise, mais comme Marseille est la plus grande ville corse… », en plaisante Médéric Gasquet Cyrus, maître de conférences à l’Université d’Aix-Marseille et chroniqueur sur France Bleu Provence.

Langage courant

Il explique que pour « tchatcheur », « Le mot est “né” à Marseille ; le mot tchatche a circulé du Sud [Provence, Espagne] à l’Afrique du Nord, avant de revenir ici via les Pieds-Noirs. Dans les années 1960-1970, la tchatche [le baratin, le goût et le don de la parole] est associée aux Pieds-Noirs, puis aux Marseillais en raison de la présence massive de Pieds-Noirs à Marseille et dans la région. » Comme Julien Tanti, Charo, 17 ans, l’utilise : « Oui quand mon pote branche une fille, qu’il fait le baratineur. »



Parmi ces expressions, certaines très imagées rentrent dans le langage courant des adolescents. « Cagette ou légume, pour désigner une fille qui n’a pas d’allure ou alors merguez pour un pauvre mec », expliquent Amel et Malak, 17 ans. Pourtant, d’autres ne préfèrent pas les utiliser : « La télé, c’est la télé, c’est pas pareil que la vraie vie », considèrent Kader, Abdou et Hamza, 13 ans, qui privilègient leurs expressions à eux, « de la rue ».

Marque de vêtements

Certaines d’entre elles deviennent des marques, le « Non mais allô quoi » de Nabilla est l’exemple le plus célèbre. Peut-être pour surfer sur cette vague, Julien Tanti a créé sa propre marque de vêtements, pour laquelle il reprend ces expressions. « Quand ils ont fait un événement dans une boutique du centre tous mes potes y sont allés », se rappelle Simon, 12 ans.

Pourtant, il confie que peu de ses camarades portent ces t-shirts. « On trouve ça un peu ridicule, ça fait vraiment enfant ou alors il faut être fan », considèrent Annita, Ayaa et Anissa, 16 ans. « On va pas acheter ça, au prix que ça coûte je préfère m’acheter du Lacoste », a vite tranché Kader, 13 ans. « De toute façon la moitié des expressions, il les récupère, et l’autre moitié, il les utilise pour vendre des t-shirts », conclue Annita. En plus des fringues, Julien Tanti espère aussi vendre des pizzas. Il a ouvert La pizzeria des fratés, avec une spécialité : « La cousumain ». Ça ne s’arrête donc jamais.