Kevin Spacey s’excuse d’avoir harcelé sexuellement un acteur de 14 ans et fait son coming out

POLEMIQUE Le héros de « House of Cards » aurait fait des avances à Anthony Rapp, alors adolescent, lors d’une soirée arrosée en 1986…

Anne Demoulin

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L'acteur Kevin Spacey, star de la série de Netflix "House of Cards", à Washington le 22 février 2016
L'acteur Kevin Spacey, star de la série de Netflix "House of Cards", à Washington le 22 février 2016 — Nicholas Kamm AFP
  • Kevin Spacey aurait fait des avances à Anthony Rapp il y a 31 ans.
  • La star de « House of Cards » assure ne pas se souvenir de cet événement.
  • Kevin Spacey s’est excusé pour « un moment d'ébriété totalement inapproprié ».
  • L’acteur a profité de l’occasion pour révéler qu’il était gay.

Une réponse controversée à la suite d’accusations de harcèlement sexuel. Anthony Rapp, acteur de 45 ans et au générique de Star Trek : Discovery, a accusé Kevin Spacey de lui avoir fait des avances alors qu’il n’avait que 14 ans, il y a de ça 31 ans, dans une interview accordée à BuzzFeed. Kevin Spacey, 58 ans, assure ne pas se souvenir de l’événement mais s’en excuse, et a saisi l’occasion pour mettre fin aux rumeurs sur sa sexualité.

« Je me rendais compte qu’il tentait quelque chose de sexuel »

Les faits remonteraient à 1986. A l’époque, Kevin Spacey, âgé de 26 ans et Anthony Rapp, 14 ans, se produisaient à Broadway. Lors d’une soirée au domicile de la star de House of Cards, l’adolescent s’ennuie et s’installe dans une chambre pour regarder la télévision. Lorsque les invités sont partis, Kevin Spacey, en état d’ébriété, l’aurait rejoint, pris dans les bras, allongé sur le lit et tombé dessus.

« Il essayait de me séduire. Je ne sais pas si c’est ce que je me suis dit sur le moment mais je me rendais compte qu’il tentait quelque chose de sexuel », affirme Rapp. « Je suis allé dans la salle de bains, j’ai vu une photo de lui enlaçant un homme, je me suis dit “ah, il est gay”, je suis sorti et je lui ai dit “je crois que je vais y aller”. Il a marché avec moi jusqu’à la porte d’entrée et m’a demandé si je voulais vraiment partir. Je lui ai répondu “oui, bonne nuit” et j’ai quitté les lieux », a-t-il détaillé.

Anthony Rapp raconte également que ce sont les témoignages contre le producteur de cinéma Harvey Weinstein qui l’ont poussé à révéler cette affaire.

« Je suis horrifié par cette histoire »

Kevin Spacey a rapidement réagi à cette affaire sur son compte Twitter. « J’ai énormément de respect pour Anthony Rapp, je suis horrifié par cette histoire. En toute honnêteté, je ne me souviens pas de cette rencontre, cela se serait déroulé il y a plus de 30 ans », a-t-il écrit.

« Mais si je me suis comporté de la façon dont il l’a décrite, je lui dois mes excuses les plus sincères pour ce qui aurait été un moment d’ébriété totalement inapproprié. Je suis désolé du ressenti que cela lui a coûté pour les nombreuses années qui ont suivi, comme il le raconte », poursuit l’acteur.

« Cela m’encourage à évoquer un autre élément de ma vie qui a fait l’objet de nombreuses rumeurs car je suis très attaché à ma vie privée. Les personnes qui sont les plus proches de moi savent que j’ai eu des relations amoureuses avec des hommes et des femmes par le passé, et que je me considère maintenant comme gay. Je veux maintenant être honnête et ouvert sur le sujet et cela commence par confronter mon propre comportement », a conclu Kevin Spacey.

« Tu ne peux pas “choisir” de te cacher sous l’arc-en-ciel ! »

Des excuses qui n’ont pas été du goût de membres de la communauté LGBT qui se battent pour éviter les amalgames : « Non, non, non, non, non ! Tu ne peux pas “choisir” de te cacher sous l’arc-en-ciel ! Va te faire voir ! », a notamment réagi l’actrice lesbienne Wanda Sykes.

« Se cacher dans ce placard quand on est gay est sombre et cruel. Ce que Spacey a dû affronter pendant des années est vraiment triste. Mais 14 ans, c’est 14 ans. [Cette façon de faire son coming out] remet la communauté LGBT au centre de vieilles critiques et amalgames. Comme oses-tu nous impliquer tous là-dedans », s’indigne un journaliste de Vanity Fair.