Affaire Harvey Weinstein: Flavie Flament pense que le producteur aurait pu être démasqué beaucoup plus tôt

VIOLS L’animatrice et auteure d’une autobiographie où elle raconte son propre viol estime que le scandale Harvey Weinstein est salutaire mais tardif…

B.C.

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Flavie Flament au festival de fiction de La Rochelle le 15 septembre 2017
Flavie Flament au festival de fiction de La Rochelle le 15 septembre 2017 — DAVID NIVIERE/SIPA

Flavie Flament s’est réjouie de « l’effet boule de neige qui libère la parole » des victimes d’Harvey Weinstein. Depuis quelques jours, les innombrables victimes du célèbre producteur américain racontent avoir été violées, agressées ou harcelées. L’animatrice française a aussi salué la décision rapide de le Weinstein Company de licencier le fondateur du groupe. Et pourtant, Flavie Flament regrette que ce scandale ait mis autant d’années à éclater, comme elle l’a déclaré sur LCI dans l’émission 24h Pujadas.

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Elle-même concernée au premier chef par la difficulté de témoigner pour les victimes de viol, Flavie Flament a fait la parallèle avec son histoire personnelle. L’auteure de La Consolation a récemment révélé avoir été violée, à l’âge de 13 ans, par le photographe David Hamilton. Selon elle, la personnalité de Harvey Weinstein, puissant producteur hollywoodien, a empêché pendant des années le scandale d’éclater : « Ce sont des personnages puissants. Je pense qu’il y a le pouvoir de l’image artistique. On irait pardonner à des artistes qui sont des violeurs au motif qu’ils auraient un certain génie. Déjà c’est quelque chose qui m’offusque et qui me scandalise d’autant plus que je l’ai vécu, moi ».

Voir les signaux

Flavie Flament a ainsi vivement regretté que le prédateur sexuel ait pu agir en toute impunité pendant des décennies : « Il y avait des signaux, il y avait quand même des rumeurs. Je pense que ces signaux, en général, sont repérables mais qu’on ne veut pas les voir, qu’on ne veut pas les entendre qu’on a une tendance à les écarter et c’est ainsi que des préda­teurs conti­nuent allè­gre­ment à méfaire et à faucher des deve­nirs ».

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Faisant à nouveau le parallèle avec son histoire personnelle, Flavie Flament estime que la responsabilité est collective dans ce genre d’affaires : « À partir du moment où on voit un vieux photo­graphe qui se balade tout nu avec des gamines de 13 ans, je pense que l’opinion doit s’aler­ter, je pense qu’on est tous respon­sable d’une sorte d’aveu­gle­ment parce que regar­der la vérité en face, c’est nous confron­ter à de nombreuses inter­ro­ga­tions ».