Nicola Sirkis: «J'ai trouvé ça ignoble de rouvrir le Bataclan»

INDOCHINE Le chanteur aurait voulu faire de la salle un «sanctuaire»…

20 Minutes avec agence
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Nicola Sirkis lors d'un concert d'Indochine au Stade de France (Saint-Denis), le 27 juin 2014.
Nicola Sirkis lors d'un concert d'Indochine au Stade de France (Saint-Denis), le 27 juin 2014. — STEPHANE DE SAKUTIN / AFP

Nicola Sirkis, membre du groupe Indochine, a manifesté ce jeudi son incompréhension face à la réouverture du Bataclan à Paris (Ile-de-France) après les attaques terroristes du 13 novembre 2015.

Dans un entretien accordé au Parisien, l’artiste évoque son dégoût face à ce qu’il considère comme une « récupération » du drame qui s’est déroulé dans la salle de concert parisienne. 90 personnes y avaient perdu la vie.

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« Un lobbying des producteurs »

« Quelques jours après, il y a eu un lobbying des producteurs de spectacles tous réunis en conférence de presse alors qu’ils se détestent tous. Mais là, ils étaient unis pour dire : « Il faut que l’Etat nous aide. » J’ai trouvé ça abject » explique Nicola Sirkis.

S’il se décrit comme « complètement illégitime » pour aborder le sujet,le chanteur de 58 ans se dit choqué à l’idée que le Bataclan accueille à nouveau des spectacles. « J’ai trouvé ça ignoble de rouvrir cette salle », déclare-t-il.

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« On aurait dû faire un sanctuaire »

« On a perdu des gens que l’on connaissait là-bas (…) Je pense qu’on aurait dû faire comme au World Trade Center à New York, une sorte de sanctuaire, un lieu de recueillement, de fraternité où la musique passerait » précise Nicola Sirkis.

Pour cette raison, le leader du groupe ne se produira « jamais » dans la salle du XIe arrondissement parisien. Et ne s’y rendra « même pas (pour) assister à un concert ». Dans leur album 13 qui sortira ce vendredi, le groupe Indochine évoque les attentats comme un « vendredi noir ».