VIDEO. Kesha revit grâce à son deuxième album

DECLARATION Elle est toujours en procès avec son ancien producteur, qu’elle accuse de viol…

20 Minutes avec agences

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La chanteuse Kesha à son arrivée à l'aéroport LAX de Los Angeles.
La chanteuse Kesha à son arrivée à l'aéroport LAX de Los Angeles. — WENN

Kesha n’avait rien sorti depuis 2012 et son album Warrior, notamment à cause du procès qu’elle intente à son ancien producteur, Dr. Luke. Depuis 2014, elle l’accuse, entre autres, de viol et de violences morales, une affaire complexe dans laquelle se retrouve mêlée la maison de disques Sony, qui héberge la société de production de son ancien mentor. Le 11 août sortira le troisième opus de Kesha, baptisé Rainbow, qu’elle considère comme une vraie renaissance.

Et pour cause, jusqu’à cette année, il lui était impossible de travailler avec un autre producteur que celui qu’elle accuse de viol, étant toujours sous contrat, ce à quoi elle se refusait. Si l’affaire n’est pas réglée (elle a été déboutée de ses accusations en Californie, mais pas à New York), Sony a accepté qu’elle travaille avec d’autres personnes. Une renaissance.

« Pendant très, très longtemps, je ne savais pas si j’allais pouvoir sortir de nouvelles chansons, alors que c’est tout ce que j’ai toujours voulu faire d’aussi loin que je m’en souvienne. Ne pas pouvoir le faire a été très difficile à vivre », a-t-elle confié lors de l’écoute de son album à laquelle le Guardian a assisté.

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Un écho très fort chez les victimes de viol

La chanteuse n’a cependant jamais cessé d’écrire et de composer. Le premier titre extrait, Praying, évoque, sans trop de doute possible, son ancien producteur et les faits dont elle l’accuse, sans jamais le mentionner.

A la sortie du single au début du mois, certaines victimes de viol se sont exprimées publiquement, comme Eleanor Muffit dans le Telegraph. « Ayant été victime d’agression sexuelle adolescente, je sais pourquoi Kesha s’est concentrée sur la compassion et non la colère. Tout simplement : elle n’est pas en colère. Elle n’essaye pas de nous convaincre qu’elle dit la vérité. On peut choisir de la croire, ou non. Elle s’en fiche ; mais cela lui importe de trouver un chemin pour aller de l’avant – et cela demande à laisser derrière elle son aigreur », explique l’auteure. Elle conclue : « Je ne souhaite à personne de traverser ce que j’ai vécu adolescente. J’en suis sortie plus forte, comme Kesha le chante dans son titre, je suis fière de ça. Célébrer la résilience – et montrer aux femmes que c’est possible de se reconstruire est primordial ».

Une autre victime d’agression sexuelle fait le même constat. Emily Mae Mentock a publié un article sur le site Verily dans lequel elle explique avoir pris la chanson de plein fouet. « Je crois que rien n’aurait pu me préparer à ce que j’allais entendre sortir de mes écouteurs en appuyant sur play. Praying est le premier single de Kesha en quatre ans, un titre déchirant à propos de la fin d’une relation qui a fait du mal, de devenir plus forte pour avoir surmonté la situation et espérer que la personne incriminée change sa façon d’être. (…) J’avais écrit anonymement à Verily l’année dernière l’histoire d’une survivante d’une agression sexuelle. Alors qu’elle naviguait dans le système légal crasseux pour se défendre, je cachais en silence ce qu’il m’était arrivé. Mais la voir refuser de baisser les bras, même quand Sony lui a proposé un accord lucratif si elle revenait sur son histoire, ça m’a inspirée et m’a donné le courage de continuer pour guérir », a-t-elle écrit.

En introduction de son clip, Kesha dit : « Suis-je morte ou bien est-ce l’un de ces rêves ? On dirait que ça dure pour toujours. Si je suis en vie, pourquoi ? Pourquoi ? S’il y a un Dieu ou quelque chose, quelque part, pourquoi est-ce que j’ai été abandonnée par tout le monde et par tout ce que j’ai toujours connu et aimé ? Quelle est la leçon ? Quel est le but ? Dieu, fais-moi un signe ou alors je vais devoir tout lâcher. Je ne peux plus faire ça. S’il te plaît, laisse-moi mourir. Etre en vie fait trop mal ».