David Hamilton : « Par sa mort, il tente de faire peser le soupçon sur notre parole », confie Flavie Flament

DECES Après le suicide du photographe David Hamilton, Flavie Flament se livre dans les pages du « Journal du dimanche »…

V. J.

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Flavie Flament, le 4 septembre 2014, à Paris.
Flavie Flament, le 4 septembre 2014, à Paris. — ZIHNIOGLU KAMIL/SIPA

A l’annonce de la mort de David Hamilton, Flavie Flament s’était dite « dévastée », elle qui l’accusait dans un livre de l’avoir violée à l’âge de 13 ans. Un témoignage suivi par les accusations d’autres femmes, que le photographe rejetait alors en bloc. Avant son suicide vendredi soir. L’animatrice télé s’est confiée plus en longueur au Journal du dimanche et évoque « un état de sidération » : « Mes pensées sont allées à toutes les victimes qui m’avaient contactée à la suite de la publication de mon livre. J’ai été prise d’une colère sourde. »

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« Nous ne pourrons jamais le regarder en face et obtenir réparation »

« Une fois de plus, cet homme échappait à ses responsabilités, continue Flavie Flament. Une fois de plus, il avait trouvé le moyen de ne pas répondre aux accusations portées contre lui ; une fois de plus, il nous faisait porter le poids du silence. Nous ne pourrons jamais le regarder en face et obtenir réparation. Cet homme nous a volé nos premières fois. Là, il nous spolie notre reconnaissance. Par sa mort, il tente de faire peser le soupçon sur notre parole. »

« La mort ne rend pas innocent »

Selon elle, son suicide est « un aveu qui achève de montrer son mépris absolu vis-à-vis de ses victimes » : « Nous étions en train de mettre au grand jour la personnalité d’un violeur pervers et dangereux. Il savait qu’on était toutes là et qu’on l’attendait. (…) Même si c’est dramatique, ça en dit long sur la lâcheté de cet homme qui a préféré fuir pour échapper à ses responsabilités. Il emporte dans sa tombe son secret, mais aussi ses péchés. La vieillesse comme la mort ne rend pas innocent. »

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Son combat n’est pas pour autant terminé : « À travers les témoignages recueillis, c’est la parole des enfants violés que nous voulons libérer. La ministre Laurence Rossignol m’a proposé la coprésidence auprès d’un magistrat d’une mission de consensus autour de la prescription couvrant ce type de crime. »