Affaire Roman Polanski: La Pologne rouvre une procédure d’extradition vers les Etats-Unis

Justice C’est ce que le ministre de la Justice, Zbigniew Ziobro, a annoncé ce mardi matin...

A.Che. avec AFP

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Roman Polanski lors d'une conférence de presse, le 24 mai, à Katowice (Pologne).
Roman Polanski lors d'une conférence de presse, le 24 mai, à Katowice (Pologne). — SIPA

Nouveau rebondissement dans l’affaire Polanski. Le ministre polonais de la Justice, aussi procureur général, a indiqué à une radio ce mardi matin vouloir contester devant la Cour suprême du pays « une décision du tribunal de Cracovie de ne pas remettre Polanski aux Etats-Unis alors qu’il est accusé d’un crime cruel contre un enfant, le viol d’un enfant ».

Le réalisateur franco-polonais est accusé du viol de Samantha Geimer, âgée de 13 ans au moment des faits, lors d’une séance photo à Los Angeles, en 1977. Il avait alors passé 42 jours en prison, avant d’obtenir sa libération sous caution. Roman Polanski avait plaidé coupable pour « rapports sexuels illégaux ». Craignant d’être lourdement condamné, il avait fui les Etats-Unis l’année suivante avant l’annonce du verdict.

« On s’y attendait »

« Ce n’est pas une surprise pour nous », a déclaré à l’AFP Jerzy Stachowicz, un des avocats de Roman Polanski. « On s’y attendait. M. Ziobro a annoncé par le passé qu’il allait le faire. Pour l’instant, nous ne pouvons pas commenter, car nous ne savons pas s’il l’a déjà fait ou s’il va le faire », a-t-il complété.

Après une apparition publique du cinéaste à Varsovie en 2014, les Etats-Unis ont demandé son arrestation à la Pologne. Le 30 octobre 2015, le tribunal régional de Cracovie avait refusé l’extradition de Roman Polanski vers les Etats-Unis. Le juge Dariusz Mazur, dans un réquisitoire contre la justice américaine, estimait que les juges et procureurs américains avaient « gravement violé les règles d’un procès équitable » dans l’affaire Polanski. Fin novembre 2015, le parquet avait renoncé à faire appel de cette décision. Celle-ci pourrait être annulée partiellement ou entièrement si le ministre de la Justice fait appel à la Cour suprême. L’affaire pourrait alors être renvoyée devant un tribunal.