O.J Simpson : Le portrait

PEOPLE Portrait d'une star sulfureuse...

Cédric Couvez

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Le magnat australo-américain des médias Rupert Murdoch a annulé lundi la publication par son groupe d'un livre très controversé de l'ex-sportif O.J. Simpson, relatant ce qu'il aurait fait s'il avait commis le double meurtre pour lequel il a été acquitté.
Le magnat australo-américain des médias Rupert Murdoch a annulé lundi la publication par son groupe d'un livre très controversé de l'ex-sportif O.J. Simpson, relatant ce qu'il aurait fait s'il avait commis le double meurtre pour lequel il a été acquitté. — Jeff Gentner AFP/Getty/Arch.

Sa vie est un roman. OJ Simpson, qui a passé la nuit de dimanche en prison pour une affaire de cambriolage, a longtemps eu affaire à la justice. Longtemps, dans ses plus jeunes années, il a même partagé son existence entre les maisons de redressement et les terrains de football américain. Né le 9 juillet 1947 à San Francisco, Orenthal James Simpson fait partie d’un gang, les Persians Warriors. Mais comme souvent dans les belles histoires made in USA, c’est le sport qui le remet dans le droit chemin.

« Cours O.J, Cours ! »

O.J. débute sa carrière universitaire de footballeur à l’University of Southern California. En 1969, le running-back — l’équivalent d’un centre au rugby, capable de courir avec le ballon en perforant les défenses — est drafté par les Buffalo Bills, une équipe professionnelle en déroute. La jeune recrue ne tarde pas à s’illustrer et devient en 1973 le premier joueur à courir plus de 2.000 yards (soit plus de 1.831 mètres) en une saison. Il est élu MVP (Most Valuable Player, meilleur joueur du championnat) cette année-là. O.J Simspon devient vite une star. Il quitte les Buffalo Bills en 1977 pour rejoindre les San Francisco 49ers et prend sa retraite sportive deux ans plus tard.

« Des terrains aux écrans »

Jeune retraité, O.J est vite repéré par des producteurs d’Hollywood qui comptent bien surfer sur son immense popularité. Il participe à une mini-série télévisée, «Roots», et à quelques films. On se souvient particulièrement de sa prestation dans la comédie loufoque « Y a-t-il un flic pour sauver la reine ? » en 1988. La même année, le rôle de « Terminator » lui échappe de peu.

« Une vie familiale très agitée »

Sur le plan personnel, la vie d’O.J Simpson peut être comparée à un soap. Le 24 juin 1967, le jeune O.J épouse Marguerite. Le couple a trois enfants : Arnelle, Jason et Aaren. Ce dernier se noie dans la piscine familiale, un mois avant son second anniversaire. Suite à cette tragédie, les amoureux divorcent en 1979.

En 1985, O.J Simpson se remarie avec Nicole. Ils ont deux garçons ensemble, mais le comportement agressif d’O.J a raison de leur union. En 1989, il plaide «non coupable» pour violences conjugales lors d’un procès qui l’oppose à sa femme. Les nerfs à vif, Nicole demande le divorce en 1992. Elle trouve du réconfort dans les bras de Ronald Goldman.

« Un meurtre, un suspect et une course-poursuite»

Le 12 juin 1994, son ex-femme et son ami Ronald Goldman sont retrouvés morts à Los Angeles alors que l'enfant de O.J. Simpson dormait dans une chambre à l'étage. Sur les lieux du crime, des indices semblent indiquer que O.J. Simpson peut être le meurtrier.

Accusé du double crime, l’ancien footballeur américain est sensé se rendre à la police le 17 juin. Plus d’un millier de journalistes font le pied de grue devant le commissariat mais la star n’arrive pas…
Et pour cause, O.J prend la fuite avec une Ford Bronco blanche. La chaîne KCBS est la première à filmer la poursuite. Tous les médias se ruent sur l’affaire. A 20 heures, la police arrête le fuyard et trouve à l’intérieur du véhicule 8 000 dollars, des photos de ses enfants, une fausse moustache, un passeport et un magnum 357 chargé.

« Un procès ultra-médiatique »

Un procès marathon s’engage alors. 133 jours filmés sans relâche par la télévision américaine dans un climat de tensions raciales exacerbées. Pour le procureur, Simpson a tué son ex-femme et son compagnon dans un accès de jalousie.

Pour les avocats de l’inculpé, Simpson est victime de manipulation policière et de procédures hâtives ayant contaminé les preuves ADN.
Le 15 juin 1995, le procureur demande à O.J d’enfiler le gant en cuir qui avait été retrouvé sur la scène du crime. Mais au tribunal, le gant est trop étroit pour que Simpson puisse l’enfiler. Filmé en direct, le coup de théâtre fait le tour des écrans du monde entier. L’avocat de Simpson monte au créneau : «Si le gant ne lui va pas, acquittez mon client !». Les procureurs émettent l’hypothèse que le gant, imbibé de sang, a dû rétrécir en séchant mais le jury ne semble pas convaincu.
Le 3 octobre 1995, à 10 heures du matin, après 3 heures de délibération, et devant 100 millions de téléspectateurs, le verdict de non-culpabilité est prononcé.

En 1997, l’affaire est rouverte lors d’un procès civil. Simpson, déclaré responsable de la mort de Ronald Goldman et de coups et blessures sur Nicole Brown. O.J, est condamné à verser 33,5 millions de dollars de dommages et intérêts au père de Ronald. Il ne s’acquittera jamais de cette somme…

« Du tribunal à l’écriture »

Toujours très populaire mais peu exposé, O.J fait à nouveau parler de lui en 2006. Simpson doit publier un livre relatant comment il s'y serait pris, s'il avait commis le double meurtre pour lequel il a été acquitté. Mais sous la pression médiatique, Regan Books, une maison d'édition filiale de News Corp, renonce à sortir le bouquin.