Filmée nue à son insu dans un hôtel, une journaliste va toucher 55 millions de dollars

JUSTICE L'Américaine Erin Andrews poursuivait la chaîne Marriott ainsi que le voyeur qui avait diffusé la vidéo...

P.B.

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La journaliste américaine Erin Andrews le 24 septembre 2015.
La journaliste américaine Erin Andrews le 24 septembre 2015. — REX/SIPA

C’était le procès le plus médiatique de ce début d’année aux Etats-Unis. Lundi, un jury de Nashville (Tennessee) a accordé 55 millions de dollars de dommages et intérêts à la journaliste américaine Erin Andrews, filmée nue à son insu dans sa chambre d’hôtel en 2009. La somme devra être payée à 51 % par Michael Barrett, le courtier en assurances qui avait filmé les images via un judas trafiqué, et à 49 % par la chaîne hôtelière West End Hotel Partners.

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La somme est colossale. Mais selon un expert, la vidéo virale a été vue par 16,8 millions de personnes. L’assureur-voyeur avait tenté de la vendre au site TMZ avant de la mettre en ligne. Dans sa déposition, il avait expliqué que la technique pour trafiquer un judas lui avait été donnée par un employé d’un autre hôtel. Le stalker avait ensuite pu obtenir le numéro de la chambre de la journaliste de la chaîne ESPN en appelant le Marriott en question. Il avait ensuite réservé la chambre voisine et avait filmé la célébrité alors qu’elle se changeait. Barrett avait déjà été condamné à deux ans et demi de prison au pénal.

Les larmes d’Andrews au procès

Lors de l’audience, la journaliste a pleuré à plusieurs reprises, expliquant qu’elle avait été « traumatisée » et « humiliée ». Désormais, elle change toujours de chambre à la dernière minute dans les hôtels et vérifie systématiquement qu’il n’y a aucune caméra cachée, notamment à la salle de bain. Elle affirme avoir souffert de dépression et d’anxiété. « Des gens ont cru à un coup publicitaire. Je serai à tout jamais cette fille du scandale dans un hôtel. Cette vidéo sera sur Internet jusqu’à ce que je meure », a-t-elle témoigné. Google a pris des mesures pour la retirer de YouTube, mais des copies sont régulièrement mises en ligne un peu partout.

L’avocat de West End Hotel Partners a tenté de suggérer que la victime avait bénéficié de l’exposition médiatique, décrochant de nombreux contrats publicitaires après les faits. Mais le jury a estimé que l’hôtel n’avait pas su protéger la vie privée de sa cliente.