Russie: Natalia Vodianova dénonce les discriminations subies par sa soeur autiste

MALADIE Le mannequin a raconté la scène sur Facebook, suscitant des réactions et l’ouverture d’une enquête…

Dolores Bakela

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Natalia Vodianova à Londres en mars 2015
Natalia Vodianova à Londres en mars 2015 — Beretta/Sims/REX/REX/SIPA

Vague d’émotion en Russie pour Oksana, la sœur de Natalia Vodianova. Cette dernière est autiste. Alors qu’elle se trouvait dans un café avec sa nourrice, elle a été obligée de quitter un café de Nijni-Novgorod par le propriétaire, sur les bords de la Volga, où elle venait de s’installer.

Le top russe, qui n’était pas sur place, a raconté le déroulement de la scène sur Facebook, suscitant des dizaines de milliers de likes et de partages. « Vous faites peur à tous nos clients. Allez vous faire soigner et soignez vos enfants. Et alors seulement, montrez-vous dans des endroits publics », écrit l’égérie d’Etam rapportant les paroles du tenancier.

Deux versions s’affrontent

Toujours selon le mannequin, le seul client du café se serait levé pour demander à Oksana de rester, sans convaincre le propriétaire qui a appelé la police. Il a demandé à un vigile, puis trois, de surveiller l’autiste, puis a porté plainte auprès de la police pour « petite délinquance ». De son côté, le fils du propriétaire a affirmé qu’Oksana avait fait fuir les clients « en se tapant la tête contre le mur », selon des propos recueillis par la chaîne de télévision russe Vesti. Il restait injoignable jeudi matin.

La Russie est régulièrement dans le collimateur des ONG de défense des droits de l’Homme qui l’accusent de ne pas offrir les structures nécessaires pour les personnes handicapées. Environ 45 % des enfants qui vivent à la charge de l’Etat, dans des institutions où ils sont souvent soumis à de mauvais traitements, a dénoncé l’ONG Human Rights Watch dans un rapport publié en 2014 tout rappelant que les médecins russes encouragent souvent les familles à abandonner leurs enfants.

Une enquête est ouverte

Natalia Vodianova, qui a Naked Heart, une fondation caritative venant en aide aux enfants handicapés, a profité de son post Facebook pour faire un plaidoyer pour la tolérance et en appeler à l'« éthique des journalistes » concernant l’autisme, qui ne doit pas être considéré comme une maladie. « Nous avons tous des caractéristiques, nous sommes tous différents, mais cela ne signifie pas que nous sommes malades », a conclu le modèle.

Devant l’émotion suscitée, le Comité d’enquête a ouvert une enquête pour « violations à la dignité d’une personne en raison de son appartenance à un groupe social », un chef d’accusation passible de deux à cinq ans de prison. « Il est difficile de comprendre comment une personne handicapée pourrait nuire aux employés et aux clients, ou à l’image de cet endroit », a souligné le porte-parole du Comité d’enquête, Vladimir Markine, ajoutant que le propriétaire n’avait pas « de raison légitime ».