Brigitte Bardot: Une longue proximité avec le Front national

PEOPLE Le flirt poussé de l’actrice avec le parti de Marine Le Pen est loin d’être récent…

A.G. avec AFP

— 

Brigitte Bardot, à Paris en mars 2007.
Brigitte Bardot, à Paris en mars 2007. — SOLAL/SIPA

Brigitte Bardot, qui aura 80 ans dimanche, entretient depuis longtemps un flirt poussé avec le Front national et s'enthousiasme pour Marine Le Pen, «la Jeanne d'Arc du XXIe siècle».

A la présidentielle de 2012, celle qui prêta son effigie à la Marianne républicaine, celle qui fut écoutée, faute d'être toujours entendue, par tous les présidents de la Ve République, a voté pour cette «femme admirable» qui «a dédiabolisé» le FN, «la seule» à s'être «occupée de dénoncer le scandale de la viande halal». Elle avait auparavant milité auprès de maires de France pour l'aider à réunir les 500 parrainages.

Soutien dès les années 1990

En août 2014, «BB» a dit à Paris-Match: «Je souhaite qu'elle sauve la France, elle est la Jeanne d'Arc du 21e siècle». «Je déplore simplement que mon si beau pays se détériore à tous les points de vue». Mardi soir, sur France 2, elle a redit «aimer beaucoup Marine»: «Je n'ai pas à m'en cacher. C'est la seule femme (...) qui a une paire de couilles. Dans l'ensemble, ses idées me plaisent».

Cette proximité avec le FN n'est pas récente. Mariée en 1993 avec Bernard d'Ormale, conseiller de Jean-Marie Le Pen, la star apporte en 1997 son soutien à Catherine Megret, candidate FN à la mairie de Vitrolles (Bouches-du-Rhône). Cette même année, applaudie par une salle comble, toute de noir vêtue, elle comparaît devant le tribunal correctionnel de Paris: elle est poursuivie pour des propos racistes à l'égard des musulmans.

Provocations à la haine raciale

Dans une lettre adressée à la presse et notamment parue dans Présent, organe du FN, l'actrice critique alors violemment l'abattage rituel des moutons au moment de l'Aïd-El-Kébir. Interrogée par la présidente sur le «on» de la principale phrase incriminée – «on égorge femmes et enfants, nos moines, nos fonctionnaires, on nous égorgera un jour et nous l'aurons bien mérité» -, Brigitte Bardot précise: ce «on» vise les Islamistes, «ils ont la manie de l'égorgement» (...) «je ne l'invente pas, il suffit de regarder la télévision».

A propos d'une autre phrase – «la France musulmane avec une Marianne maghrébine, pourquoi pas au point où on en est?» -, elle a expliqué que «oui, oui», elle considérait «que nous sommes envahis». Brigitte Bardot a finalement été condamnée à plusieurs reprises pour provocation à la haine et à la discrimination raciale et pour diffamation raciale.

Jean-Marie Le Pen a pris sa défense

En 1999, elle affirme «partager certaines idées du FN, notamment contre la forte immigration en France». «On m'a prêté des accointances avec le FN (...). Je partage certaines idées. Il y a d'autres choses que je réfute, par exemple, je suis pour l'avortement et le FN est contre».

En 2003, c'est Jean-Marie Le Pen qui prend la défense de Brigitte Bardot, poursuivie par plusieurs associations antiracistes à la suite de la publication de son livre Un cri dans le silence, la qualifiant de «femme courageuse et libre». Se disant «conservatrice» en politique, le mythe du cinéma français a souvent été reçue à l'Elysée. On se souvient du mot de Charles de Gaulle accueillant la jeune actrice vêtue d'une veste à brandebourgs et lançant: «Chic! Un militaire».

Poutine, son «président idéal» 

BB a souvent eu la dent dure avec les chefs de l'Etat, pas assez engagés, selon elle, dans la protection des animaux. Sur France 2, elle a distribué bons et mauvais points: Valéry Giscard d'Estaing l'a «draguée» et, a-t-elle ajouté en riant, «continue»: «J'ai une grande amitié pour lui»; François Mitterrand a eu «de jolis gestes vis-à-vis de moi»; quant à Jacques Chirac, «c'est le roi des menteurs» qui «fait la course» avec Nicolas Sarkozy. En 2012, déjà, elle avait qualifié ce dernier de «guignolo», tout comme François Hollande.

BB vient toutefois de rendre un hommage inattendu à l'actuel chef de l'Etat: «C'est le seul président, aussi étonnant que ça puisse paraître, qui respecte les choses que je lui demande», a-t-elle expliqué dernièrement. En fait, le «président idéal» serait, pour elle, Vladimir Poutine : «Il a fait plus pour la cause animale que nos présidents successifs». En 2013, elle avait menacé de demander la nationalité russe si les autorités françaises décidaient d'euthanasier deux éléphantes malades à Lyon. Elles ont été sauvées et la France n'a pas perdu son actrice iconique.