Au coeur des coulisses de la fashion

NOCTURAMA Semaine de la mode oblige, j'ai délaissé un temps mes activités nocturnes pour me plonger de très bonne heure dans le réacteur à hype.12 h 03, jeudi dernier au bassin du Trocadéro, un énorme chapiteau blanc est dressé pour accueillir dans moins de de...

©2006 20 minutes

— 

Semaine de la mode oblige, j'ai délaissé un temps mes activités nocturnes pour me plonger de très bonne heure dans le réacteur à hype.12 h 03, jeudi dernier au bassin du Trocadéro, un énorme chapiteau blanc est dressé pour accueillir dans moins de deux heures le défilé prêt-à-porter automne-hiver 2008 de la maison Ungaro. Muni de mon pass « all-access », je file dans l'arrière-salle protégée comme le coffre-fort d'une banque suisse. Les vingt mannequins arrivent au compte-gouttes, des cernes jusqu'aux genoux. Pas le temps de piquer un roupillon, le compte à rebours est lancé. Chaque seconde compte avant le show.12 h 36, le backstage se transforme en ruche joyeusement bordélique. Les filles se font poser des extensions capillaires, ravaler la façade au maquillage ou manucurer les ongles de pieds.12 h 44, aux abords du podium, les attachées de presse sont en plein « sitting ». Elles attribuent minutieusement les places dans les gradins aux 1 300 invités en fonction de l'importance et de l'ego de chacun. Aucune erreur possible, le bûcher des vanités est brûlant.13 h 12, le champagne coule déjà à flots dans les coulisses. Les modèles grignotent un sandwich ou avalent une salade en prenant soin de se cacher des objectifs. L'air un poil bougon, Peter Dundas, le directeur artistique d'Ungaro à l'allure de rocker californien, passe en revue les tops une par une et effectue les ultimes retouches.13 h 24, après le dernier coup d'épingle, le régisseur emmène les filles sur le podium pour faire un dernier repérage. Afin de ne pas salir le sol immaculé, tout le monde porte des chaussons bleus façon Schtroumpfs. Encore quelques dizaines de minutes avant le coup d'envoi.13 h 59, les belles tripotent leurs Blackberry et se racontent des histoires de « boyfriends ». Les journalistes japonais se ruent sur le styliste pour lui arracher quelques confidences pendant que les flashs crépitent un peu partout. La pression monte. L'ingénieur du son fait les derniers réglages pendant que les invités investissent la salle principale.14 h 42, le show démarre avec les traditionnels trois quarts d'heure de retard. Trente-six passages au pas de charge et un tonnerre d'applaudissements lors du final. Vivement l'automne-hiver 2008 !

Cédric Couvez