Les rockers se couchent et le hip hop pogotte

NOCTURAMA Lundi, 20 heures pétantes, une foule compacte s'agglutine devant le Palais de Chaillot pour le lancement de Meetic 2.0. Excité comme un comptable le soir de son bilan, un trentenaire propre sur lui s'esclaffe « J'espère qu'il y aura de la belette ce ...

©2006 20 minutes

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Lundi, 20 heures pétantes, une foule compacte s'agglutine devant le Palais de Chaillot pour le lancement de Meetic 2.0. Excité comme un comptable le soir de son bilan, un trentenaire propre sur lui s'esclaffe « J'espère qu'il y aura de la belette ce soir ! » Au foyer, les filles sont au rendez-vous mais pour l'ambiance faudra repasser... En dépit d'une somptueuse décoration, la java ne décolle pas. Les cadres sup' de la Défense dragouillent leurs secrétaires sans froisser leur costard trois-pièces sur le dancefloor et accumulent les vestes. Déprimant !

Le lendemain, je me rends au Bon, le restau designé par Stark, pour fêter la sortie de S'TOYS, un magazine spécialisé sur les sex-toys. Des petits groupes de demoiselles pomponnées se la jouent « Sex and the City » en tripotant avec malice leurs canards-godemichets. Constance, une jolie blonde vénitienne se prend un instant pour Carrie Bradshaw, l'héroïne de la série culte : « Au moins, j'aurai de quoi m'occuper demain pour la Saint-Valentin ! » Jeudi, avant-première de Dreamgirls au Planet Hollywood. Joey Starr s'installe au deuxième rang et cajole sa femme qu'il appelle « doudou ». Après la projo, je file au Vip Room pour la nouba Rock'n'Folk. Une horde de bébés rockers bourgeois prépubères s'enivre de bières gratuites. Si ces minets rêvent tous d'être le prochain Pete Doherty, la salle se vide à 23 h 30. Il faut rentrer à la maison, maman a seulement donné la permission de minuit et demain il y a école.

Vendredi, mélange de ghettos boys et de branchés au Cub Superbar de Pigalle pour la teuf Kourtrajme. On y danse le Krump à en faire vibrer le sol en sirotant son mojito. Une nuit blanche plus tard, je retrouve Joey Starr à l'Olympia pour son concert événement. Sur scène, le rappeur a une pêche d'enfer et compte bien faire mouiller le maillot à son public. Il donne des « punitions » (comme balancer un morceau de Sheila à fond) quand il trouve l'ambiance un peu trop molle et appelle au vote tous les deux titres. A minuit, la salle exulte et pogotte à l'unisson lors du dernier rappel aux accents de carnaval et moi, je vais me coucher !

Cédric Couvez