Saskia soeur de l’ombre

L’air de famille est évident. On ne peut s’empêcher de songer à son aînée, Karen, mannequin star des années 90, qui traverse ces derniers mois une dépression. « Ma soeur et moi avons toujours été proches. Je suis préoccupée par ses problèmes, mais cela ne

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L’air de famille est évident. On ne peut s’empêcher de songer à son aînée, Karen, mannequin star des années 90, qui traverse ces derniers mois une dépression. « Ma soeur et moi avons toujours été proches. Je suis préoccupée par ses problèmes, mais cela ne regarde que nous... », s’excuse Saskia Mulder, en français, avec un léger accent néerlandais. A 29 ans, elle publie son premier roman, Même Superwoman a appris à voler (Oh ! Editions). Dans ce récit burlesque, Chloé, une fille à papa, abandonne son existence oisive et luxueuse pour se confronter aux réalités de la vie. Saskia brosse, au passage, un portrait décapant de la jet-set, qu’elle a beaucoup fréquentée à Londres. « J’ai choisi ce milieu comme toile de fond. J’y ai entendu des conversations vides de sens sur les sacs à main ou la longueur adéquate des cils ! Je me souviens aussi de fêtes où la coke circulait ouvertement. Ça n’a jamais été mon truc. Mais les gens croyaient que je mentais et que j’en consommais en cachette ! » Lorsqu’elle avait 19 ans, cette fille d’inspecteur des impôts a lâché la fac d’économie de Rotterdam pour devenir mannequin à Paris, puis à Londres. Mais tandis que Karen s’affichait à la une de Vogue, Saskia devait se contenter de poser pour Femme actuelle, Avantages ou des catalogues de VPC. « Je n’étais pas douée pour ce métier, j’ai été soulagée d’arrêter. » Pas de jalousie : jouer les jolies filles était juste un moyen de payer ses cours de théâtre. Et les fringues ne lui ont jamais tourné la tête. Saskia s’habille basique. Après de brèves apparitions au cinéma, elle a décroché, en 2001, un premier rôle dans « The Book Group », une sitcom qui cartonne outre-Manche. D’ailleurs, elle ne quitte pas le collier à breloques fétiche de son personnage. Désormais, l’actrice-romancière entend mener ses deux carrières de front, tout en veillant sur son petit ami néerlandais, qui partage sa vie depuis deux ans. « Avant, j’étais comme Chloé, mon héroïne. Mes histoires d’amour se périmaient très vite ! » Une époque révolue. Emmanuel Ducasse, photos : Cédric Martigny

Marc Levy, écrivain « Elle manie l’humour avec virtuosité. Un jour, j’écrivais un courrier d’affaires en anglais, mais je butais sur les formules de politesse. J’ai demandé à Saskia son aide. Quand je l’ai revue, elle m’a demandé si j’avais envoyé la lettre. J’ai répondu que oui, et elle m’a lancé : « Dommage ! » Elle m’avait indiqué le début d’une recette de cuisine ! » Bonnie Engstrom, comédienne dans « The Book Group ». « Après l’audition, j’étais sûre que Saskia aurait le rôle, mais nous avons été retenues toutes les deux. Depuis, une vraie complicité nous unit. C’est drôle, parce qu’à l’écran c’est tout le contraire. Mon personnage jalouse le sien ! »

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