A Copenhague, le show et le froid

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La vedette pop américaine Justin Timberlake, maître de cérémonie de la 13e édition des MTV Europe Music Awards, a remporté deux prix jeudi soir, devant des milliers de fans enthousiastes, au centre des expositions de Bella Center, près de Copenhague.
La vedette pop américaine Justin Timberlake, maître de cérémonie de la 13e édition des MTV Europe Music Awards, a remporté deux prix jeudi soir, devant des milliers de fans enthousiastes, au centre des expositions de Bella Center, près de Copenhague. — Keld Navntoft AFP/Scanpix

Vacances de la Toussaint obligent, les nuits parisiennes étaient mortes la semaine dernière. Alors jeudi, direction Copenhague pour la remise de prix la plus fun de l'année : les European MTV Music Awards. A 18 h tapantes, des cars grand luxe déposent une flopée de journalistes au Bella Center, un palais des congrès perdu dans une zone industrielle.

La cérémonie débute dans trois heures. Pour rester éveillé, je me shoote au Red Bull, la boisson énergétique interdite en France. Quelques cannettes plus tard, ma vessie lâche... Je cours aux toilettes et y croise Snoop Dogg, entouré de trois gardes du corps, qui veillent à ce que personne ne s'égoutte sur le manteau en fourrure du rappeur. Le Californien raconte ses aventures à Johnny Knoxville, un des tarés de « Jackass » : « Tu sais pas ce qui m'est arrivé hier ? J'ai embouti une voiture. Pour m'excuser, j'ai invité la nana à faire la teuf avec nous et je lui ai offert un nouveau carrosse... » So chic ce Snoop !

Dans les coulisses de la soirée, Pharrell Williams prend tout le monde de haut malgré sa petite taille. Ridicule. Réglé comme une montre suisse, le show commence pile à l'heure. Justin Timberlake assure la présentation. Le beau gosse provoque une série d'évanouissements chez les jeunes filles massées aux abords de la scène. Dans la salle de presse, l'ambiance est plus sage. Moby déroule son discours altermondialiste : « Si j'étais président des Etats-Unis, je mettrais fin à toutes les formes de lobbying. Ce pays n'est plus une démocratie depuis longtemps. »

Il faut attendre le milieu de la cérémonie pour avoir droit à un peu d'imprévu. Furax de s'être fait chiper le prix du meilleur clip par les français de Justice, Kanye West bondit sur scène, arrache le micro et se lâche : « Je n'ai pas vu votre vidéo, mais la mienne est forcément meilleure. J'ai dépensé un million de dollars pour sa réalisation ! » Le mauvais perdant repartira quand même avec l'Award du rappeur de la l'année.

Backstage, les stars défilent et se confient. Elu artiste masculin de l'année, Justin ironise : « J'ai eu ce prix parce que j'ai accepté de présenter le spectacle... » Quant à Diddy, il prépare d'arrache-pied son after party dans un hôtel : « Tout le monde sera nu et on fera l'amour comme des bêtes ! » Le nabab n'ayant pas pris la peine de m'inviter, je file guincher à la fête officielle. La chaîne a de toute évidence mis les moyens. Trois énormes dancefloors font danser les clubbers. Juliette Lewis offre un showcase à la Courtney Love et d'étranges nymphes tortillent leurs popotins dans des cages inviolables. Je retrouve mes copains de « Toilet Disco », qui animent le petit coin. Les chiottes sont définitivement devenues l'endroit le plus tendance ! A l'aube, la température chute d'un coup. Il fait - 5 ºC dehors. Les derniers crevards tentent d'emballer les jolies Danoises qui leur ont résisté pendant la nuit... Moi, je vais me coucher !

«Mon after party sera déjantée. Tout le monde sera nu et on fera l'amour comme des bêtes!» Diddy