Mathieu Kassovitz est «en train de dégager» de France

CINEMA L'acteur, qui déclarait l'an dernier «enculer le cinéma français», a réagi à la polémique Depardieu ce mardi sur le plateau de la «Nouvelle édition», sur Canal+...

A.L

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Mathieu Kassovitz lors du festival de Cannes 2008
Mathieu Kassovitz lors du festival de Cannes 2008 — REUTERS/ JP PELISSIER

Pourquoi Kassovitz est-il resté silencieux si longtemps au sujet de la polémique qui secoue le cinéma français? «C’est agréable à regarder de l’extérieur», répond malicieusement l’acteur à Ali Baddou.

«Si je gagnais ça, au revoir!»

L’acteur-réalisateur estime-t-il que les acteurs français sont trop payés, comme l’a écrit Vincent Maraval dans la fameuse tribune du Monde à l’origine de la polémique? «Bien sûr», répond Kassovitz. «Pour le concept même du travail d’acteur, je considère qu’on est tous trop payés», ajoute-t-il, avant de préciser que les acteurs ne sont «responsables de rien», contrairement à certains PDG qui ont «des milliers de travailleurs sous leur joug, enfin sous leurs ordres».

Ce qu’il y a à «garder» dans le système français? «La subvention du CNC [Centre national du cinéma], parfaite pour aider les premiers films, la création, et retirer l'obligation de faire du rendement. Mais le problème est que lorsqu'on aide un certain cinéma, on l'enferme dans une certaine catégorie. Le cinéma français est vieillissant. Il n'a pas évolué depuis un bon nombre d'années», estime Mathieu Kassovitz.

«Depardieu est la France»

«Je suis en train de dégager de ce pays. Créativement parlant, j'ai du mal à travailler dans une copie conforme du modèle américain», poursuit Kassovitz, qui donne ensuite son avis plus direct sur la seconde polémique qui agite le cinéma en ce moment: l’exil fiscal de Depardieu. «Félicitations. Il fait ce qu'il veut (...) C'est pas moi qui le nourris, je ne suis pas juge de sa vie. Si je gagnais ça, au revoir! Ce n'est pas logique. Je participe à l'effort social, mais s'il n'y a pas de logique, je dégage. Mais Depardieu, il a oublié que c'est un copyright comme le camembert. Depardieu représente la France, Depardieu est la France. Et on perd ça.»

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La Nouvelle Edition du 08/01/13 - Partie 1