Cahuzac juge l'exil de Depardieu dérisoire, Pécresse s'inquiète

POLEMIQUE Gérard Depardieu a reçu samedi son passeport russe des mains de Vladimir Poutine...

Reuters
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L'exil de Gérard Depardieu est «un peu dérisoire», a jugé dimanche le  ministre français du Budget, alors que l'acteur a reçu des mains de  Vladimir Poutine un passeport russe après avoir choisi de s'établir en  Belgique pour des raisons fiscales. La décision du comédien, l'un des mieux payés du cinéma français,  avait été jugée «assez minable» par le Premier ministre Jean-Marc  Ayrault, dans un climat de controverse aiguë sur la politique fiscale du  pouvoir socialiste français, jugée confiscatoire par certains hauts  revenus du pays.

«Je trouve un peu dérisoire que pour des raisons fiscales, cet homme  décide de s'exiler si loin à l'Est. La nationalité est un bien  précieux, un bien qui nous est commun», a déclaré Jérôme Cahuzac dans le  cadre du «Grand Rendez-vous» Europe 1/i-télé/Le Parisien Aujourd'hui en  France. «Faire preuve d'un patriotisme de bon aloi quand le pays est appelé à  un effort rude, incontestablement difficile, donner l'impression qu'on  s'exonère de ce patriotisme, je trouve ça infiniment regrettable»,  a-t-il ajouté.

«On va vers une révolte fiscale des classes moyennes»

La députée UMP Valérie Pécresse, qui précédait Jérôme Cahuzac à  Bercy, déclare qu'elle «souffre de voir la France devenir la risée du  monde». «Il faut bien comprendre que le seuil de tolérance fiscale est  dépassé», déclare-t-elle dans un entretien au Journal du Dimanche,  évoquant notamment la contribution exceptionnelle de 75% sur les revenus  supérieurs à un million d'euros par an décidée par François Hollande et  censurée par le Conseil constitutionnel. Une nouvelle disposition, aménagée mais «dans le même esprit», est en préparation.

«La censure des 75% est un premier avertissement: en France, les  impôts ne peuvent pas être confiscatoires. Cela entraîne le départ des  plus riches et, beaucoup plus grave, la délocalisation des emplois et  des centres de décision par les entreprises, un phénomène qui ne se voit  pas pour le moment mais qui se traduira dans les chiffres du chômage»,  estime Valérie Pécresse. «Au final, ce seront les classes moyennes qui devront payer les  impôts. On va vers une révolte fiscale des classes moyennes», affirme  l'ancienne ministre du Budget.