Cahuzac juge l'exil de Depardieu dérisoire, Pécresse s'inquiète

POLEMIQUE Gérard Depardieu a reçu samedi son passeport russe des mains de Vladimir Poutine...

Reuters

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Le ministre du Budget Jérôme Cahuzac, lors de sa sortie du conseil des ministres à l'Elysée, le 5 décembre 2012.
Le ministre du Budget Jérôme Cahuzac, lors de sa sortie du conseil des ministres à l'Elysée, le 5 décembre 2012. — Thibault Camus/AP/SIPA

L'exil de Gérard Depardieu est «un peu dérisoire», a jugé dimanche le ministre français du Budget, alors que l'acteur a reçu des mains de Vladimir Poutine un passeport russe après avoir choisi de s'établir en Belgique pour des raisons fiscales. La décision du comédien, l'un des mieux payés du cinéma français, avait été jugée «assez minable» par le Premier ministre Jean-Marc Ayrault, dans un climat de controverse aiguë sur la politique fiscale du pouvoir socialiste français, jugée confiscatoire par certains hauts revenus du pays.

«Je trouve un peu dérisoire que pour des raisons fiscales, cet homme décide de s'exiler si loin à l'Est. La nationalité est un bien précieux, un bien qui nous est commun», a déclaré Jérôme Cahuzac dans le cadre du «Grand Rendez-vous» Europe 1/i-télé/Le Parisien Aujourd'hui en France. «Faire preuve d'un patriotisme de bon aloi quand le pays est appelé à un effort rude, incontestablement difficile, donner l'impression qu'on s'exonère de ce patriotisme, je trouve ça infiniment regrettable», a-t-il ajouté.

«On va vers une révolte fiscale des classes moyennes»

La députée UMP Valérie Pécresse, qui précédait Jérôme Cahuzac à Bercy, déclare qu'elle «souffre de voir la France devenir la risée du monde». «Il faut bien comprendre que le seuil de tolérance fiscale est dépassé», déclare-t-elle dans un entretien au Journal du Dimanche, évoquant notamment la contribution exceptionnelle de 75% sur les revenus supérieurs à un million d'euros par an décidée par François Hollande et censurée par le Conseil constitutionnel. Une nouvelle disposition, aménagée mais «dans le même esprit», est en préparation.

«La censure des 75% est un premier avertissement: en France, les impôts ne peuvent pas être confiscatoires. Cela entraîne le départ des plus riches et, beaucoup plus grave, la délocalisation des emplois et des centres de décision par les entreprises, un phénomène qui ne se voit pas pour le moment mais qui se traduira dans les chiffres du chômage», estime Valérie Pécresse. «Au final, ce seront les classes moyennes qui devront payer les impôts. On va vers une révolte fiscale des classes moyennes», affirme l'ancienne ministre du Budget.