Les marchés d’après-midi font leur nid

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Un an après l’ouverture du premier marché d’après-midi de Paris, place Baudoyer (4e), le bilan est mitigé. Enclavés le long de la rue de Rivoli, quelques étals attirent une petite foule clairsemée de retraités, de mères de famille et d’employés de bureau. Les flâneurs ont l’air ravis, les commerçants, eux, sont partagés. « Je travaille mieux l’après-midi, affirme Maria Esperança, une fromagère. Sauf l’hiver, quand il fait nuit à 17 heures ». Arnaud Molard, également fromager, n’est pas du même avis. « Les gens ont l’habitude de venir le matin. Là, on bricole », bougonne-t-il. Le poissonnier Laurent Vignas, lui, voudrait « essayer le matin ». « Les retombées sont bonnes, assure pourtant l’adjointe au commerce du maire de Paris, Lyne Cohen-Solal. A tel point qu’on demande d’augmenter le nombre de places. » Dans le 1er arrondissement, le nouveau marché, qui sera lancé début juin, se tiendra « un après-midi au moins par semaine », annonce l’élue. Les 13e et 20e sont eux aussi intéressés. Encore dépourvus de marchés, les 9e et 2e pourraient suivre l’évolution. Entre un emploi du temps de marchand difficile à gérer ou des habitudes de vie variées, « tous les quartiers ne sont pas demandeurs », affirme Lyne Cohen-Solal. Et cette nouvelle organisation s’effectue plus facilement à l’occasion de créations de marchés. A Baudoyer, « les gens sont très contents. C’est un coin de passage, qui bouge, les personnes ont un rythme de vie décalé, se félicite Cyril Hamon, le traiteur. A Bercy, estime-t-il, ça ne marche pas. » Le second marché d’après-midi est sorti de terre cet hiver. « Il est plus récent, précise l’adjointe. On a moins de retour. » Virginie Cuisinier

bouche L’élue veut promouvoir les marchés alors que les commerces de bouche désertent Paris. « Des poissonniers disparaissent tous les jours. Il y en a plus sur les marchés (150) que de sédentaires (120). »