Bassins avec vue plongeante sur Paris

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Il y a ceux qui doivent se contenter de la piscine municipale. Et les autres qui possèdent un bassin privé, en plein Paris, à plus de cent mètres d'altitude, avec vue sur la tour Eiffel. Un privilège jalousement gardé, que détiennent les habitants de quelques dizaines de tours des arrondissements périphériques, et une poignée d'hôtels. A l'origine, ce n'était pas un luxe, mais un moyen d'utiliser la réserve d'eau obligatoire sur les toits pour les immeubles de grande hauteur. Car en cas d'incendie, les pompiers ne peuvent pas aller au-delà de 45 mètres. Une aubaine pour les habitants.

Albert, président de la copropriété d'un immeuble de 300 appartements dans le 13e, ne tarit pas d'éloge sur les vertus de son bassin. « On a une piscine couverte chauffée, une autre en extérieur pour l'été avec un solarium. D'en haut, on voit du bois de Vincennes au bois de Boulogne, la tour Montparnasse, les Invalides, la tour Eiffel... » Presque indécent. Forcément, l'endroit est « très attirant pour les gens du quartier ». « Nous avons souvent à chasser des personnes qui tentent de s'y introduire », raconte Albert, qui refuse que les lieux soient pris en photo.

Même topo pour Hélène, présidente du conseil syndical d'une tour de 250 appartements du 15e, qui évoque les « gens qui s'infiltrent, parce que c'est très tentant », mais aussi sa fierté. « Je n'y vais jamais, mais quand on a des invités, on les monte à la piscine pour leur montrer. »

Seul hic, cette petite folie a un coût, et les propriétaires ont récemment vu leurs charges exploser. Les normes ont changé, et les bassins doivent subir des travaux. « Pendant longtemps, ça ne coûtait pas cher, raconte Hélène. Mais aujourd'hui, c'est un objet de dépenses, il faut changer les compresseurs, les systèmes de filtration, on a des problèmes avec la tuyauterie. » « On s'est équipé d'appareils pour le dosage des produits et le recyclage de l'eau », enchaîne Albert, qui a chiffré le surcoût. « Dans un immeuble classique, c'est 3 e de charges au mètre carré. Chez nous, c'est 5. »

Magali Gruet