TGI : le gouvernement contre-attaque

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Le gouvernement a plus d'un tour dans son sac pour imposer ses projets à la Ville de Paris. Bertrand Delanoë et Dominique de Villepin s'affrontent depuis deux ans sur l'emplacement à allouer à la construction du futur tribunal de grande instance (TGI) de Paris. Le maire souhaite le voir à Masséna (13e), tandis que le Premier ministre préfère le site de Tolbiac, derrière la BNF (13e).

Une bataille que l'établissement public du Palais de Justice de Paris (EPPJP) a décidé de trancher hier, en lançant « un concours international d'idées » auprès des architectes, qui devront imaginer un projet... sur le site Tolbiac, exclusivement. Masséna en est d'office exclu. Pourtant, aucune décision officielle n'est encore prise. « Tolbiac est mieux desservi par les transports, tandis que Masséna cumule les difficultés », argumente Christian Cléret, directeur général de l'EPPJP. Il clame son indépendance et assure vouloir «s'écarter des querelles politiciennes, en élevant le débat ». Pourtant, son concours est parrainé par deux ministres de l'actuel gouvernement.

Du côté du cabinet du maire de Paris, on encaisse le coup. « Quand on n'arrive pas à passer par la porte on passe par la fenêtre, commente le porte-parole de Bertrand Delanoë. Leur projet est surdimensionné (100 000 m2), il défigurerait le quartier. Urbanistiquement, ce n'est pas possible. Juridiquement, ils ne pourront pas passer sans nous, ils ont une marge de manoeuvre réduite. » Selon lui, «Masséna est idéal, bientôt desservi par le tramway, dans un quartier d'avenir ». Reste à la Ville de faire la preuve de ce qu'elle avance, pourquoi pas en lançant son propre concours sur Masséna...

Magali Gruet