Soir de match, nuit de violence ?

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Difficile de mesurer l'effet Coupe du monde sur la délinquance. Samedi soir, les débordements de joie ont parfois tourné à la démonstration de force. Sur les Champs-Elysées (8e), 69 personnes ont été interpellées pour des violences, dégradations ou vols. Les vitres de cinq commerces, dont un McDonalds et le Drugstore, ont été brisées, et deux voitures brûlées. Des véhicules ont aussi été légèrement dégradés rue Oberkampf (11e).

Dans les cités de la région parisienne, les après-matchs se suivent et ne se ressemblent pas. Si certains maires estiment que la diffusion dissuade de traîner dehors, le commisariat de Bondy dresse une analyse plus affinée : « Jusqu'aux matchs, c'est très calme. Et encore plus entre 17 h et 23 h, quand ça joue. Mais ensuite, tout le monde sort, et il y a toujours des bandes plus énervées que d'autres. C'est surtout avec les rencontres de l'équipe de France. » La Seine-Saint-Denis n'a toutefois pas vécu une hausse des violences comparable à celle de la Seine-et-Marne. Selon la direction départementale de la sécurité publique, « 14 voitures y ont été brûlées samedi soir. Une hausse significative. Mais c'est aussi la fin de l'école et les premiers jours chauds de l'été. Difficile donc de savoir quelle est la part de responsabilité du foot. »

A Montfermeil (93), un policier se montre tout aussi perplexe. « On craint pour France- Portugal. Mais on ne sait même pas s'ils sont plus excités quand on gagne ou quand on perd. » En matière de football, comme de délinquance, les pronostics sont décidément bien compliqués.

Michaël Hadjenberg