Une circonscription sur le fil
«Depuis le Front populaire, il n'y a pas eu de député de gauche dans le 15e », glisse Gilles Alayrac (PRG), candidat de la gauche dans la 13e circonscription. La seule à Paris qui pourrait basculer de droite à gauche lors du second tour des législatives dimanche. Après des résultats plutôt encourageants lors du premier tour – la gauche réunie frôle les 43 % du candidat sortant Jean-François Lamour (UMP) – lundi, Alayrac recevait l'appui d'Anne Hidalgo (PS), première adjointe à la Mairie de Paris et très ancrée dans le 15e, et du ministre de l'Intérieur, Manuel Valls.
Sur le chemin de la préfecture, où Alayrac a déposé lundi sa candidature pour le second tour, il reçoit un texto de Véronique Sandoval, lui confirmant son désistement en sa faveur : « Tu peux mettre le logo Front de gauche sur tes affiches. » Le matin, le candidat Vert a fait de même. « Le combat reste difficile, d'autant que j'ai face à moi une mairie. Mais je sens une dynamique de terrain. Contrairement à mon adversaire, j'ai une réserve de voix, assure Gilles Alayrac, qui n'imagine pas que les 5 % du FN se reportent en totalité sur son adversaire. Dans certains quartiers populaires, les électeurs frontistes ont voté Hollande au second tour de la présidentielle. Cet arrondissement évolue vers la gauche, comme les 12e et 14e l'ont fait. » Une vision loin d'être partagée par Lamour (UMP). « Certains veulent additionner les carottes et les navets, argumente le député-maire élu en 2007 avec 56,74 % au second tour. Je suis satisfait, j'ai fait presque huit points de plus qu'en 2007, alors qu'il y a une dynamique liée à la victoire de la gauche à la présidentielle. » Reste une interrogation sur les voix du MoDem, dont les maigres 3,8 % sont convoités. « Mon profil de radical peut séduire une population de centre-droit. Je parle de sécurité, d'innovation économique, thématiques sur lesquelles on n'attend pas forcément la gauche. Le PS m'a apporté un soutien solide et moi une valeur ajoutée. » Pour le candidat UMP, les thèmes qui devraient parler aux centristes restent la réduction des déficits. Les deux concurrents ne ménagent pas leurs efforts pour convaincre les électeurs des quartiers populaires. Lamour pour combattre le projet de construction de logements sociaux, Alayrac en visite aux Périchaux avec le ministre de l'Intérieur, pour parler délinquance et police de proximité. « Ah, c'est vous !, s'étonne une habitante quand elle reconnaît le candidat de la gauche sur son tract. D'habitude, dans le 15e, la droite passe du premier coup. »