Les aberrations du système de tarification

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La RATP a exposé mercredi son vaste programme de modernisation du métro parisien, qui concerne les 20 prochaines années et passe par le renouvellement des rames, ainsi que la mise en place de nouveaux systèmes d'exploitation, comme l'automatisation de la ligne 1.
La RATP a exposé mercredi son vaste programme de modernisation du métro parisien, qui concerne les 20 prochaines années et passe par le renouvellement des rames, ainsi que la mise en place de nouveaux systèmes d'exploitation, comme l'automatisation de la ligne 1. — Jean-Pierre Muller AFP/Archives

Un récent rapport du Conseil économique et social de la région Ile-de-France (CESR) note que certains voyageurs s’interrogent « sur ce qu’ils estiment être des incohérences, ou même des iniquités » relevées sur le système tarifaire actuel. Ainsi, « il serait souhaitable d’harmoniser les tarifs RER de la SNCF et de la RATP».

Voici quelques exemples d’anomalies de tarifs relevées sur le réseau francilien :

- Un aller-retour Massy-Paris par le RER B (réseau RATP) coûte 5,30 € alors qu’il est facturé 8 € sur le RER C (réseau SNCF).
- Pour aller de Vincennes (Val-de-Marne) à la Défense (Hauts-de-Seine), le prix du ticket à l’unité varie du simple à plus du double (1,40 € à 3,70 €), selon que l’on emprunte le métro ou le RER, certes plus rapide. Les stations du métro, en zone 3, sont accessibles avec un ticket ordinaire, alors que les gares de RER, en zone 2, exigent un ticket spécial.
- Pour aller de Paris à Versailles-Chantiers, le prix ne sera pas le même selon que l’on parte de la gare de Saint-Lazare ou de celle de Montparnasse.
- Certaines communes du nord ou de l’est de Paris sont écartelées entre la zone 2 et la zone 3. A Vincennes, par exemple, l’hôtel de ville est en zone 3, alors que le Château est en zone 2, tout en étant à la même distance que le périphérique. Ainsi, pour se rendre au Parc Floral, un lieu très fréquenté des Parisiens et situé sur la commune de Paris (dans le bois de Vincennes qui appartient à la Ville), il faut une carte zone 3.
- La tarification spéciale « aéroports », mise en place afin de compenser les investissements de transport financés par Aéroports de Paris, est « parfois mal comprise », note le rapport.

Le CESR s’inquiète de ces anomalies, qui « peuvent constituer un frein à l’attractivité des transports en commun, en particulier pour les voyageurs occasionnels qui pourraient devenir des utilisateurs réguliers ».