Crèches: la Ville veut recruter tous azimuts

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La sortie de crise imaginée par la Mairie de Paris ne devrait pas se faire sans heurts. Après les grèves à répétition du personnel de la petite enfance de la Ville ces derniers mois, qui réclament plus d'effectifs, François Dagnaud, adjoint (PS) chargé de la Gestion du personnel, a dévoilé hier un début de solution, qui devrait décoiffer plus d'un syndicat.

« S'il manque du personnel dans nos crèches, c'est parce qu'il n'y a pas assez d'auxiliaires de puériculture diplômées chaque année pour éponger la demande », a-t-il expliqué. Sur 2 200 nouvelles recrues par an, dont 1 100 en Ile-de-France, Paris en embauche 550, « ce qui assèche déjà suffisamment la région », estime l'élu. D'où sa solution : « Au lieu de ne recruter que des auxiliaires, nous pourrions ouvrir nos crèches municipales aux diplômé(e)s de CAP petite enfance et de BEP carrières sanitaires et sociales, et leur proposer de passer les concours d'auxiliaire. » Une mixité qui existe déjà en province et dans de nombreuses villes de banlieue. « Mais à Paris, la tradition, et non la loi, impose 100 % d'auxiliaires », rappelle l'adjoint.

Reste l'épineuse étape syndicale. Chez Force ouvrière, Bertrand Vincent annonce clairement la couleur : « C'est une proposition que l'on nous a déjà faite officieusement, mais nous refusons car cela déqualifie notre service. » Un compromis devra pourtant être trouvé avant septembre, date à laquelle le personnel des crèches prévoit de nouvelles mobilisations.

Magali Gruet

La Ville souhaite adapter le nombre de postes par crèche à la durée moyenne qu'y passent les enfants, différente selon la composition sociologique du quartier. Une sorte de discrimination positive.