L'adjointe de Georges Tron face à une des plaignantes

William Molinié

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La confrontation a eu lieu à Evry.
La confrontation a eu lieu à Evry. — V. WARTNER / 20 MINUTES

La confrontation aura duré près de sept heures. Virginie Faux, l'ancienne employée municipale de Draveil (Essonne), a fait face lundi dans le bureau du juge à Brigitte Gruel, l'adjointe au maire, Georges Tron, tous deux mis en examen pour « viol » et « agression sexuelle » en réunion. En raison de la durée particulièrement longue de ce face-à-face, celui d'Eva Loubrieu, l'autre plaignante, a été reporté au 8 juin. Elle confiait à la mi-journée « être sereine ». Davantage « en tout cas » que le 11 mai dernier, face à Georges Tron.

« Complot » et « vengeance »
Les deux femmes les accusent de leur avoir fait des massages de pied au cours de séances qui ont dérapé en viols, selon elles. Elles présentent Brigitte Gruel, dont l'avocat était lundi injoignable, comme la « maîtresse » de Georges Tron. « Elle aurait pu faire éclater la vérité et se présenter comme victime. A la place, elle a choisi d'être complice, a indiqué à 20 Minutes Virginie Faux. Elle a affirmé au juge qu'il s'agissait d'un complot monté contre elle et que j'agissais par vengeance. » Candidat aux législatives, Georges Tron s'est défendu il y a deux semaines en dénonçant dans un tract distribué à Draveil « un complot politique » orchestré par l'extrême droite et la famille Le Pen. Les deux plaignantes, qui ont pour avocat Gilbert Collard, président du comité de soutien de la candidate FN à la présidentielle, redoutent que le juge ne reconnaisse ni le viol, ni l'agression sexuelle. Ce qui entraînerait une requalification en « harcèlement sexuel ». Problème : l'article correspondant a été abrogé début mai par le Conseil constitutionnel, qui l'a jugé trop flou. « Si le juge considère qu'il n'y a pas eu viol, on n'a plus d'alternative », se désole Virginie Faux.

Expertise

La cour d'appel de Paris a validé le 14 mai l'expertise psychologique des deux plaignantes. Un des rapports qu'elles dénoncent fait état de « conduites addictives importantes » et de « troubles psychiatriques ».