Le Racing, défait à la Croix-Catelan, se déchire sur son avenir

©2006 20 minutes

— 

Le Racing a perdu, mais son président espère encore sauver sa tête. Hier, sans surprise, Bertrand Delanoë a officialisé le choix du groupe Lagardère pour le renouvellement de la concession du prestigieux site de la Croix-Catelan, dans le bois de Boulogne (16e). Jusqu'alors et depuis 1886, c'est le Racing Club de France qui occupait les lieux. Mais depuis qu'une commission d'élus de toutes tendances s'était déclarée favorable au projet Lagardère, l'issue ne faisait plus de doutes. La décision n'a plus qu'à être avalisée en juillet par le Conseil de Paris.

En attendant, le Racing joue déjà son avenir. Car avec la Croix-Catelan, c'est son terrain le plus symbolique et le plus rentable qu'il a perdu. Au club, beaucoup espèrent sauver ce qui peut encore l'être et appellent à un accord rapide avec Arnaud Lagardère. « Il nous a confié vouloir devenir président du Racing à moyen terme », rapporte Marc Fortier Beaulieu, président de la section triathlon qui, comme tous les présidents de section, s'inquiète de l'avenir : « C'est la période des mutations. Sans garantie pour l'an prochain, nos meilleurs athlètes et entraîneurs risquent de quitter le club. » Il y a urgence. Mais après une campagne très dure pour la concession, Arnaud Lagardère refuse de négocier avec le président actuel, Xavier de la Courtie, qui l'a égratigné. Or, celui-ci, bien que mis en minorité au club, s'accroche à son fauteuil. Il a obtenu en référé devant le tribunal de grande instance de Paris qu'un comité directeur demandant sa révocation ne puisse se réunir hier soir. Mais ce même comité doit se réunir vendredi. Un report qui ressemble fort à un ultime sursis.

Michaël Hajdenberg