Cognacq-Jay à l'ère du satellite

©2006 20 minutes

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Le lieu historique de la télévision française s'apprête à tourner la page du hertzien. TV5, dernière télé du genre encore installée au 13-15, rue Cognacq-Jay (7e) depuis 1984, fait ses cartons pour migrer avenue de Wagram (17e), fin juillet. Seules restent des chaînes du câble et du satellite établies depuis quelques années. Public Sénat, La Chaîne parlementaire, Demain et Motors TV y partagent les plateaux, les caméras, les régies. Elles devraient voir débarquer jusqu'à six nouvelles chaînes à péage d'ici à la fin de l'année, grâce aux deux étages et demi laissés vacants par TV5. « Nous avons été approchés par un club de foot qui veut créer sa chaîne », indique Thierry Carpentier, directeur commercial de Cognacq-Jay Image, la filiale de TDF qui loue les infrastructures. Il a aussi été « contacté par des groupes qui postulent à la TNT locale ». Il leur proposera, « en plus de la diffusion classique, des services sur téléphone, de la vidéo à la demande... »

Car les studios de Cognacq-Jay, depuis leur création en 1943, ont dû s'adapter à toutes les évolutions technologiques de la télé. Le premier direct en dehors des studios depuis le Théâtre des Champs-Elysées en 1947, le premier JT en 1949, la couleur en 1967... Philippe Berthelot, chef d'équipement depuis vingt-cinq ans à Cognacq-Jay, se souvient de Léon Zitrone, «quelqu'un de difficile, imbuvable, parfois agressif ». Yves Mourousi lui a en revanche laissé le souvenir d'«un personnage chaleureux, aimable avec le balayeur comme le ministre. Roi de l'improvisation, il arrivait toujours cinq minutes avant le journal. Un jour, il avait oublié son badge pour entrer. C'est la seule fois où Marie-Laure [Augry] a dû commencer les infos de 13 h toute seule. » Sur les murs d'une salle de maquillage, des petits mots griffonnés au fil des ans par les invités retracent l'histoire des lieux. « Lorsque certains ministres passent par ici, ils retrouvent encore leurs marques. Cognacq-Jay, est resté le symbole de leurs débuts », conclut Thierry Carpentier.

Magali Gruet