Usines Center mis au repos forcé

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Les commerçants s'interpellent : « Il faut bloquer l'autoroute. » « Non, il faut aller à l'Elysée. » Pour une troisième : « Le seul moyen d'être entendu, c'est une grève de la faim ! » Les commerçants du centre Usines Center de Villacoublay (Yvelines) sont désemparés. La cour d'appel de Versailles a rendu, hier, un arrêt qui leur est défavorable. Contrairement à ce que leur avait laissé espérer le jugement de première instance, ils ne pourront plus ouvrir leurs boutiques de textile le dimanche, ce qu'ils faisaient pourtant depuis vingt ans.

Les conséquences de la décision de justice sont alambiquées. Seules les boutiques de vêtements devront fermer puisqu'elles seules ont été attaquées, par leur propre syndicat. 64 boutiques sur 114 sont concernées. « Mais c'est tout le centre qui devra fermer à terme. Le flux sera bien moindre et toutes les boutiques en souffriront », explique Jonathan, étudiant et vendeur de télévisions, qui, « sans son salaire doublé du dimanche, ne pourra plus payer son loyer».

Liliane, une cliente de Cachan (94), confirme : « On venait ici, parce qu'il y avait tout. Regardez : je suis venue acheter une valise et je repars aussi avec deux jeans. » Selon les commerçants, le dimanche représente 35 % de leur chiffre d'affaires. Une manne à laquelle certains ne sont pas prêts à renoncer : « Si on continue à employer des salariés le dimanche, on devra payer 1 000 e d'astreinte pour chacun d'eux. Nous sommes des petits commerçants : nous n'en avons pas les moyens. En revanche, je vais demander à mes fils et à mon frère de venir m'aider », raconte Robert. Marc, lui, n'envisage pas cette solution. « Ma boutique est mal placée, je suis entre plusieurs franchisés, qui fermeront. Donc personne ne passera plus dans mon allée. »

Ce matin, les commerçants doivent se réunir. « On subit une loi qui date de Napoléon, s'exclame Aline. Vous ne croyez pas que le commerce a changé depuis ? » Apparemment pas pour la CFTC-Commerce, qui s'est félicitée hier de cette « victoire contre ceux qui contournent les lois de la République», tout comme FO, qui, après l'obligation de fermeture du magasin Vuitton sur les Champs-Elysées (8e), se réjouit que « le repos dominical marque des points ».

Michaël Hajdenberg