35 heures : le royaume désenchanté

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Au pays de Mickey, on ne parle plus que... des 35 heures. Au coeur du débat : la signature, la semaine dernière, par trois des sept syndicats d'Euro Disney (CGT, CFE-CGC, Sipe), d'un avenant censé introduire plus de flexibilité. Les quelque 3 500 salariés «opérationnels», employés dans la restauration, l'animation et les boutiques, pourraient voir leurs journées de travail passer à 12 heures, 25 jours par an. Et la direction n'aurait plus à obtenir l'aval préalable de l'inspection du travail, jusqu'ici obligatoire. Objectif : mieux gérer l'affluence. «Les réservations se font souvent à la dernière minute. Il ne s'agit pas de remettre en cause les 35 heures, mais de s'adapter», affirme Pieter Boterman, porte- parole de la direction.

Sur place, les salariés, discrets, ne se disent pas opposés à des aménagements ponctuels, même s'ils redoutent des effets pervers. « S'il faut rester jusqu'à 23 h et reprendre à midi le lendemain, cela risque d'avoir un impact négatif sur notre vie privée», explique Sylvain, 20 ans, boutiquier, en CDD depuis trois mois. « La direction doit faire des efforts de planification, et non nous imposer des horaires de travail sans nous consulter », poursuit Ahmed, 33 ans, technicien. Les syndicats non signataires de l'avenant (CFDT, CFTC, FO, Unsa) dénoncent une mesure inique et cherchent des solutions. « Si l'on mettait en place des cycles en fonction des pics d'activité, la gestion du personnel serait plus facile », précise David Roulon, délégué CFTC. Majoritaires, ces syndicats, qui ont fait valoir leur droit d'opposition, devraient obtenir l'annulation de l'accord.

Aymeric Janier