Le Conseil, terrain de jeu des Verts

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Tractations dans les couloirs, pressions diverses et conciliabules. Hier, la négociation politique a battu son plein au sein du Conseil de Paris, qui a adopté en soirée son plan local d'urbanisme (PLU). Le contenu du document, qui fixe les règles d'aménagement pour quinze ans dans la capitale, a en effet été davantage discuté en marge de l'Hémicycle qu'en séance. Comme chaque mois ou presque, le maire de Paris a dû composer avec le risque de voir un de ses projets rejeté par son propre camp, les Verts menaçant de voter contre si leurs exigences n'étaient pas satisfaites. Le bluff était de mise pour faire accepter un maximum d'amendements, et « peser dans le débat », résume René Dutrey, président des écologistes au Conseil.

Toute la journée, il a joué au bras de fer avec l'exécutif, l'un des « négociateurs » du maire venant régulièrement, entre deux portes, lui présenter des compromis. « Deux packs de mesures nous sont proposés. Si l'on s'abstient, on obtient plus de logements sociaux. Si l'on vote pour le PLU, on nous propose un “amendement de convergence” dans lequel on obtient des garanties environnementales supplémentaires », explique René Dutrey. « Cela vous convient, tout le monde est content ? », intervient le négociateur. Pas tant que ça. Le patron des Verts a mal digéré que « 90 % » de ses propositions « aient été rejetées lors des premières discussions » et il compte maintenir le suspense jusqu'au bout. Dans l'après-midi, une réunion interne de deux heures entérine leur position finale. Les Verts s'abstiendront, au nom de « l'union ».

Ces négociations, rituelles à chaque Conseil, agacent profondément les communistes, partiellement exclus des tractations car possédant moins d'élus. Des divisions dont se délecte l'UMP, qui ne manque pas une occasion d'enfoncer le clou en séance. « Vous faites votre petite cuisine dans la majorité car chaque groupe veut exister », a lancé hier Françoise de Panafieu à Bertrand Delanoë. Mais même avec la droite, les discussions qui comptent ont lieu dans les couloirs. Les attaques frontales en Conseil « sont là pour le décorum », résume un élu.

Magali Gruet

final Hier soir, le Conseil de Paris a adopté le PLU en y intégrant, à la demande des Verts, 167 000 m2 de logements supplémentaires au détriment des bureaux, soit 2 000 appartements de plus par rapport au projet initial (+ 2 %). La proposition des communistes d'autoriser les immeubles de plus de 37 m a été rejetée, les Verts y étant farouchement opposés.