Quatre meurtres inexpliqués

William Molinié

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Le dispositif policier mis en place depuis le dernier meurtre dans le département de l'Essonne n'a pas encore été levé.
Le dispositif policier mis en place depuis le dernier meurtre dans le département de l'Essonne n'a pas encore été levé. — J. MARS / JDD / SIPA

Le même pistolet semi-automatique de calibre 7,65 mm a été utilisé lors des quatre meurtres, les modes opératoires sont pratiquement les mêmes, mais un enchevêtrement de zones d'ombre demeure. Le juge d'instruction doit entendre à Evry (Essonne) ce mercredi Michel C., détenu à Fleury-Mérogis et soupçonné d'avoir commis le premier meurtre de la série de quatre qui a endeuillé le département depuis cinq mois. Cet homme de 46 ans a reconnu en garde à vue en présence de son avocate l'assassinat de Nathalie D. le 27 novembre 2011 à Juvisy-sur-Orge, une laborantine de 35 ans, avec qui il avait eu une relation amoureuse. Puis il est revenu sur ses déclarations devant le juge et clame désormais son innocence.

Une énigme pour les policiers
Même s'il est officiellement mis hors de cause comme auteur des trois meurtres qui ont suivi (lire encadré), car il était au moment des faits en détention provisoire, les enquêteurs se concentrent sur « ses connexions, sa famille et ses amis ». Ces derniers ont d'ailleurs été entendus par les policiers d'Asnières. « Il se peut qu'il y ait dans son environnement proche des complices. Et parmi eux, peut-être le ou les auteurs des meurtres suivants », avance une source policière, précisant que « la sérialité des faits reste une énigme à ce stade-là de l'enquête ».
Les policiers se heurtent à la personnalité complexe de l'individu, parfois présenté comme « diminué mentalement » par un habitant de son immeuble HLM de sept étages, tantôt comme une « grande gueule » par une « connaissance » d'un bar de Bois-Colombes (Hauts-de-Seine), ville où il résidait avant d'être incarcéré. Travailleur handicapé, mais sans emploi au moment des faits, Michel C. est père d'un enfant de 5 ans. Selon ses voisins, il vivait de petits boulots. « Il m'a dépanné plusieurs fois pour des histoires de lavabo. C'est plutôt un mec manuel », raconte sa voisine de palier. « Ce mercredi, il sera interrogé sur l'arme utilisée. C'est la même qui revient sur les quatre scènes de crime. Jusqu'à présent, lorsqu'il a été entendu, il ne voulait pas en parler », complète une source judiciaire. Les policiers tentent par ailleurs de retrouver la trace d'une moto blanche Suzuki GSXR 750. D'après les témoins, c'est à bord d'un deux-roues de ce type que le ou les tueurs se sont enfuis lors des quatre meurtres.

Quatre victimes

En cinq mois, 4 meurtres ont été commis avec la même arme : Nathalie D. le 27 novembre à Juvisy-sur-Orge, Jean-Yves B. le 22 février dans le même parking, Marcel B. le 17 mars à Ris-Orangis, Nadjia B. à Grigny le 5 avril. Seuls les deux premiers se connaissaient.