« Cuisiner malin », même sans moyens

Hélène Colau
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Toutes les recettes peuvent être réalisées sans matériel et pour un coût très faible.
Toutes les recettes peuvent être réalisées sans matériel et pour un coût très faible. — A. Gelebart / 20 Minutes

   Quand on n'a ni le matériel ni les moyens, manger sainement relève de la gageure. C'est pourquoi l'association de solidarité avec les personnes migrantes Fasti et la Ville de Paris ont lancé lundi « Cuisiner malin, livre de recettes faciles et pas chères pour toutes et tous »*. Edité à 9 000 exemplaires, il sera distribué dans des centres sociaux ou lors d'ateliers linguistiques. 

 Cuisine à la bouilloire
« Les gens qu'on reçoit aux permanences de l'assoprennent souvent leurs repas sur un banc ou seuls dans une chambre d'hôtel, se souvient Lucas Migliasso, coprésident de la Fasti. C'est de ce constat qu'est né le projet. » La Ville a ensuite accepté de l'intégrer dans son programme Paris Santé Nutrition, lancé il y a un an pour prévenir le surpoids chez les jeunes. « L'obésité touche deux fois plus les enfants des quartiers défavorisés de la ville que les autres, relève Jean-Marie Le Guen, adjoint (PS) au maire de Paris chargé de la santé. Souvent, les familles hébergées à l'hôtel n'ont rien d'autre pour cuisiner qu'une bouilloire et un four à micro-ondes. »
  Les membres de la Fasti ont tenu compte de cette contrainte pour élaborer les vingt recettes du livret : toutes sont réalisables sans cuisson ou au micro-ondes. « On a choisi des recettes classiques, dont les ingrédients ne sont pas chers et se trouvent facilement, indique Clara Romain-Sama, la diététicienne qui a travaillé sur « Cuisiner malin ». On les a revisitées en les allégeant, par exemple en remplaçant la crème par du fromage blanc. Enfin, on n'a gardé que les jolis plats. » En effet, pas question d'éliminer le plaisir de manger. Le résultat est assez appétissant : poulet Marengo, verrines de fromage blanc aux cerises et au chocolat… le tout pour un coût allant de 3 centimes à 3,50 €. « Ce programme pourrait aussi être intéressant pour les étudiants, qui sont de plus en plus précaires », propose Salima Deramchi, coordinatrice de Paris Santé Nutrition.