"Le maire n'a pas vocation à être policier ou délégué du procureur"

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Trois questions à Claude Dilain, maire (PS) de Clichy-sous-Bois (Seine-Saint-Denis).

Que pensez-vous du projet de loi de Nicolas Sarkozy sur la délinquance, qui vise à élargir les pouvoirs de répression du maire?

Cette mesure est inadaptée aux problèmes des banlieues. Le maire a un rôle de médiateur et de coordinateur. Il n’a pas vocation à être policier ou délégué du procureur. Avec ce projet de loi, Nicolas Sarkozy nous donne aussi plus de responsabilités, mais sans moyens financiers supplémentaires pour faire face à la situation sur le terrain. Je suis hostile à cette méthode. Et je ne suis pas le seul !

La situation dans les banlieues résulte-t-elle d’un échec de la politique de la ville ?

Non. La politique de la ville n’est qu’un levier. Le véritable échec réside dans l’absence de mobilisation de l’Etat. Aujourd’hui, à Clichy-sous-Bois, 70 à 72% de la population vivent en zone urbaine sensible. Il faut mettre l’accent sur l’éducation, l’emploi et le logement social. Cela suppose un vrai soutien politique dans la durée et de nouveaux outils adaptés aux besoins de la population. La réponse ne doit pas venir uniquement de l’Etat, mais aussi des territoires concernés.

En quoi la fonction de maire de banlieue diffère-t-elle de celle de maire d’une grande ville ?

En général, le maire accompagne l’ordre des choses. Il veille au respect de la sûreté, de la sécurité et de la salubrité publiques. Dans une ville de banlieue, le maire doit constamment lutter contre l’ordre des choses, être réactif car les défis sont nombreux, notamment en termes de sécurité et de transport afin d'éviter l’enclavement.

Propos recueillis par Aymeric Janier