être un bon piéton, c'est un jeu d'enfant

Claire Friedel

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Charte du piéton en main, des élèves ont sensibilisé les passants aux côtés de policiers.
Charte du piéton en main, des élèves ont sensibilisé les passants aux côtés de policiers. — A. GELEBART / 20 MINUTES

«Je regarde à gauche, à droite, puis à nouveau à gauche avant de traverser la chaussée. » En guise de punition, une passante qui vient de traverser alors que le bonhomme était rouge récite les règles de bonne conduite du piéton devant des élèves de l'école Alphonse-Baudin, dans le 11e arrondissement. Lundi, les enfants, encadrés par deux policiers, interpellent les passants imprudents et leur font signer une charte. Camille, 9 ans, revient sa fiche signée à la main. « J'ai dit au monsieur que ce n'était pas bien de traverser au bonhomme rouge, il a dit qu'il ne le ferait plus », raconte-t-il, convaincu. « Ils disent oui-oui, mais pour de vrai ils vont recommencer », affirme sa camarade Hava. Fiche à la main, Sarah renchérit : « Ils vont faire attention quand il y aura la police, mais pas tout le temps. »

Toucher les futurs adultes
Les enfants, eux, ont bien retenu la leçon. « Etre sur le passage piéton, ne pas passer au bonhomme rouge, ne pas être au téléphone quand on traverse », liste Ethan, gilet fluo sur le dos. « Cette action va les marquer, ils vont porter un message », assure François, gardien de la paix au bureau d'éducation àl'information routière de la préfecture de police. Toute la semaine, ses collègues et lui vont au-devant des piétons et des conducteurs dans les artères parisiennes pour leur rappeler les bases de la sécurité routière. En 2011, à Paris, sur 7 239 accidents corporels, 208 piétons ont été gravement blessés, et 27 tués. Près de la moitié d'entre eux étaient responsables de l'accident pour avoir traversé hors des clous ou au mauvais moment.
Tout en scrutant les passants du boulevard Beaumarchais (11e), le jeune Maxime pense aussi aux automobilistes. « Les piétons peuvent mettre en danger le véhicule qui devra faire un dérapage », remarque-t-il, le ton grave. Un risque que courent notamment les deux-roues, qui représentent la majorité des blessés de la route à Paris. La préfecture a prévu de leur consacrer une journée de sensibilisation, vendredi.