Une success story pas à pas

Oihana gabriel

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Juste Debout Steez a réjoui le public hier avec ses battles spectaculaires et variées sur de l'électro, du rap ou du funk.
Juste Debout Steez a réjoui le public hier avec ses battles spectaculaires et variées sur de l'électro, du rap ou du funk. — photos?: A. GELEBART / 20 MINUTES

«Ce n'est pas la battle qui est difficile, mais plutôt de tenir toute la journée dans l'attente et le stress », souffle Icee, un des 144 danseurs qui ont tenté leur chance dimanche au Juste Debout. Pendant dix heures, ces artistes se sont relayés sur la scène, avec l'espoir d'arriver lauréat dans une des six catégories de ce hip-hop debout (à ne pas confondre avec la breakdance) que le festival a promu.

Un vivier de créations
En onze ans, Juste Debout est passé d'un événement confidentiel né dans un gymnase de Champs-sur-Marne (Seine-et-Marne) à un rendez-vous international et incontournable de la scène hip-hop. Dimanche à 14 h, l'immense show a débuté sur des airs d'AC DC pour laisser la place à de la house, du funk, du rap. « Faites du bruit », exhorte Bruce Ykanji à l'origine de cette success story qui après avoir encouragé une salle réceptive passe son micro : « Aujourd'hui, j'ai envie de danser. » Les quatre jurés débarquent ensuite sur la scène pour esquisser quelques pas qui représentent leur discipline. Et c'est parti pour dix heures de compétition avec des battles imaginatives et explosives.
Les duos disposent d'une minute par danseur pour conquérir le jury. « Au début, Juste Debout était plus convivial, avoue Icee. On pouvait danser davantage avec le public. » Avec 15 pays en compétition, 16 000 spectateurs les bras en l'air dans un Bercy métissé, le festival, rebaptisé cette année « Juste Debout Steez » à la suite d'un partenariat avec une marque de produits liés aux cultures urbaines de Pioneer, a changé d'envergure. Pour le locking, une des disciplines pour laquelle les bras s'agitent en roulés ou mouvements saccadés, les tenues old school rajoutent au spectacle. Chaussettes à rayures, chapeaux melon et gilets n'empêchent pas les danseurs de rouler, sauter ou se contorsionner. « C'est génial de découvrir les pas que ces danseurs créent, se réjouit Sarah, une spectatrice. Chaque pays appréhende cette discipline différemment. » Cette fan regrette que les danseuses restent rares dans ce concours. « Elles apporteraient une grâce, une touche féminine. Je pense qu'elles osent moins se présenter. » Rares, mais impressionnantes. En locking, la seule candidate remporte les huitièmes de finale avec son cavalier. Pour cette danseuse de 19 ans, ravie, « on doit laisser parler notre corps sur une musique qu'on découvre. Gagner, c'est un rêve ! »

Cours du soir

Depuis 2009, le festival a ouvert une école de danse, la Juste Debout School à Pantin (93). Une référence aujourd'hui pour les amateurs de hip-hop du monde entier qui peuvent prendre des cours du soir avec certains des candidats qui ont enflammé Bercy dimanche.