Jean-François Lamour : «La Mairie de Paris a une attitude inélégante»

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20 minutes a interviewé Jean-François Lamour, ministre de la Jeunesse, des Sports et de la Vie associative

Reste-il assez d'élan pour mener à bien les équipements sportifs initialement prévus pour les JO de 2012 ?

J'en suis convaincu. On a pris un gros coup de massue, j'ai moi-même mis 15 jours à m'en remettre, car ces jeux représentaient une formidable opportunité. Mais nous avons rebondi et lancé le plan national de développement du sport. Plutôt que de jeter l'anathème sur telle ou telle malversation, il vaut mieux préserver notre élan.

Que permettra ce plan ?

D'abord, de développer la pratique sportive. Sur 34 millions de sportifs réguliers en France, 14 millions sont licenciés. Nous espérons en avoir un million de plus en 2012, car seule la pratique sportive encadrée permet de transmettre des valeurs éducatives et sociales.

Ensuite, il faut assurer le rayonnement du pays en sport de haut niveau. Je vise 40 médailles à Pékin en 2008 et 50 à Londres en 2012. Enfin, il y a les équipements. L'Etat a prévu d'accompagner les maîtres d'ouvrage sur quatre projets nécessaires : la piscine de Plaine Commune à Aubervilliers, le vélodrome de Saint-Quentin-en-Yvelines, le centre de tir de Versailles et le bassin d'aviron et kayak de Vaires-sur-Marne, qui profiteront aux sportifs de haut niveau, mais aussi à tous les pratiquants.

Qu'en est-il de Roland-Garros ?

Il faut réfléchir à son extension. Le tournoi a disparu de la communication de la Ville qui préfère parler de bassin sous la tour Eiffel. C'est bien sympathique, mais Roland-Garros est un des fleurons du sport en France. Les tournois de Madrid et de Shanghai proposeront un jour des primes supérieures. Que décidera alors l'ATP ? Et comment justifier le manque de court couvert pour sécuriser les finales ? S'il pleut, on ne peut pas se permettre de jouer le lundi. Ou alors, il n'y a ni spectateurs, ni droits de télévision.

Un autre désaccord vous oppose à la Mairie de Paris, sur la piscine de Plaine Commune. Pourquoi l'Etat exige-t-il de Paris qu'il mette plus d'argent?

Des quatre installations évoquées, seule la piscine de Plaine Commune est en partie financée par Paris, en échange de créneaux horaires. La Ville, comme l'Etat, le conseil régional, le département et Plaine Commune devaient chacun financer environ 20 % du coût hors foncier. Un accord moral prévoyait que l'équilibre serait sensiblement le même pour le foncier.

Et est-ce que ce sera le cas ?

Nous sommes d'accord pour faire un effort et financer 20 % de l'ensemble du projet, qui s'élève à 75 millions d'euros. Les autres partenaires ont dit qu'ils allaient y réfléchir. Sauf Paris, qui a pourtant des finances autrement plus conséquentes que Plaine Commune et alors que l'installation profiterait aux Parisiens puisque le métro y conduira. C'est inélégant de la part de Paris, alors qu'il faut aller vite si on veut pouvoir accueillir de grands championnats de natation en 2011.

Recueilli par Michaël Hajdenberg