Napoléon aura-t-il son parc d'attraction?

LOISIRS Le maire de Montereau voudrait créer un nouveau parc d'attraction...

Julien Descalles
— 
Des grands huit et de l'histoire.
Des grands huit et de l'histoire. — DR

Le nouveau retour d'exil de Napoléon passera-t-il par les montagnes russes? C'est en tout cas le vœu formulé samedi par le député-maire (UMP) de Montereau-Fault-Yonne, en Seine-et-Marne, Yves Jégo, désireux de bâtir un parc de loisirs dédié à l'empereur. Où le visiteur redécouvrirait les reconstitutions de Waterloo ou d'Austerlitz entre deux tours de grand huit ou de manèges fantômes. Avant de partager, 3D oblige, les souffrances des soldats français en pleine Bérézina, d'apercevoir au loin les pyramides d'Egypte ou de revivre Trafalgar depuis un aquarium. Le tout sur une centaine d'hectares.

S'inspirer du Puy-du-Fou

A mi-chemin entre le château de Fontainebleau, haut lieu napoléonien, et Eurodisney, Montereau est aussi l'une des dernières joies militaires de l'empereur. De quoi, selon l'édile, asseoir la légitimité du futur site.

Inspiré par le succès du Puy-du-Fou, il veut saisir l'opportunité économique: «Le sud Seine-et-Marne est le grand oublié du Grand Paris. Alors pour la croissance de la région, la marque Napoléon me semble un formidable levier. A la fois porteuse d'une image connue dans le monde entier et pourvoyeuse d'emplois. L'ambition, c'est d'y recevoir chaque année près de 2 millions de visiteurs du monde entier, chinois et russes en tête.» S'il est porté à son terme, le projet pourrait ainsi générer 2 à 3.000 emplois - directs et indirects - et la construction d'une gare TGV, à une demi-heure de la gare de Lyon.

Reste désormais à trouver les 250 millions d'euros nécessaires à la construction de ce Napoléonland. Car si le dessein a reçu le soutien de l'Etat, il devra être principalement financé par des fonds privés. Yves Jégo s'est donné 18 mois pour convaincre partenaires, français et étrangers, chinois ou qataris notamment. Et espère une ouverture en 2017. D'ici là, la polémique naissante autour d'un parc consacré à un personnage controversé promet de grandir. «Il s'agit ni de le glorifier, ni de l'abattre», se défend Yves Jégo. «On fera de ce parc le portrait d'une époque et non d'un seul homme», assure pour sa part Jacques-Olivier Boudon, président de l'Institut Napoléon, qui pilotera un comité d'expert supervisant le projet pédagogique. Et veiller à ce qu'aucune des parts d'ombre de Bonaparte (rétablissement , régime tyrannique, conquêtes sanglantes…) ne soit oubliée.