Améliorer l'hébergement d'urgence

Oihana Gabriel

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Alors que les sans-domicile-fixe affrontent des températures glaciales depuis une semaine, le 115, la préfecture et la Mairie de Paris tentent d'accueillir un maximum de personnes au chaud (voir encadré).
« Depuis le passage au niveau 2 du plan Grand Froid mercredi, nous arrivons à satisfaire entre deux tiers et trois quarts des appels, souligne Eric Molinié, président du Samu social de Paris depuis octobre. Paradoxalement, c'est à cette période que nous arrivons le mieux à protéger les sans-abri. Le problème sera plus complexe lorsque les gymnases fermeront. Les SDF meurent plus souvent en été qu'en hiver. » La polémique sur les moyens alloués au Samu social de Paris avait fait rage l'été dernier. En juillet, Xavier Emmanuelli, fondateur du Samu social, avait jeté l'éponge après l'annonce de baisses de crédits de la part de l'Etat. Mais pour son successeur, il faut une véritable mobilisation pour l'hébergement d'urgence, et pas seulement au niveau des moyens.
« En 2011, nous avons reçu 126 millions d'euros, soit 25  000 € de plus que l'année d'avant. On a de quoi tenir pour le tout-venant, mais il faudrait améliorer les conditions de travail des salariés et lancer des travaux dans les structures d'accueil. J'ai pour projet en novembre prochain de mettre en place une brigade d'intervention rapide formée par des jeunes retraités bénévoles, car nous avons besoin de 20 à 30 personnes mobilisables en plus. » Face aux difficultés récurrentes du Samu social de Paris, qui ne peut répondre à toutes les demandes, Bertrand Delanoë (PS), maire de Paris, suggère de créer un Samu régional. Une piste peu convaincante pour Daniel Canepa, préfet de l'Ile-de-France. « L'hébergement est déjà régional : 60 % des personnes logés dans les hôtels dorment hors de Paris. Si le 115 devient une plateforme centralisée, il connaîtra moins bien les sites d'accueil. Et pourquoi remplacer des associations qui font bien leur travail ? »
Pour Eric Molinié, une meilleure coordination serait bienvenue. « Arrêtons de nous renvoyer la balle, que ça soit entre l'hôpital et le 115 ou entre les départements. Il faut disposer d'une panoplie d'outils de l'urgence au logement pérenne, avec par exemple des constructions nouvelles, en passant par des solutions de stabilisation comme les pensions de famille. »

Plan grand froid

Face aux températures annoncées ce week-end avec - 9 °C aujourd'hui, la Ville de Paris a décidé d'ouvrir le gymnase Lancette dans le 12e arrondissement aujourd'hui, proposant ainsi 60 places en plus dès ce soir. Au total, quatre gymnases, des salles dans six mairies d'arrondissement et trois centres d'hébergement provisoires peuvent accueillir 513 personnes supplémentaires. L'armée a aussi mis à disposition des sans-abri depuis hier soir 600 places en région parisienne, dont 386 sur le site de l'ancienne caserne Gley dans le 18e arrondissement et 160 au Fort de Nogent (Val-de-Marne).