Une centaine de précaires sont accueillis dans les paroisses parisiennes

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Onze précaires partagent le dîner, la nuit au chaud et un petit-déjeuner convivial avec les paroissiens à Saint-Joseph.
Onze précaires partagent le dîner, la nuit au chaud et un petit-déjeuner convivial avec les paroissiens à Saint-Joseph. — A. GELEBART / 20 MINUTES

Des cafetières fumantes, quelques croissants et des radiateurs réconfortants. Hier matin, dans la grande salle de la paroisse Saint-Joseph des Nations (11e), qui accueille la journée des cours de catéchisme, des SDF hébergés et des bénévoles partageaient le petit-déjeuner. Cette année, le programme Hiver solidaire, lancé il y a quatre ans, permet à 120 précaires de dormir au chaud dans vingt-deux paroisses parisiennes. Quand les températures plongent, elles les reçoivent entre décembre et mars. Une quarantaine de paroissiens de Saint-Joseph se relaient pour partager repas et nuits avec onze mêmes personnes. « Dès 18 h ils installent leur lit, leur duvet, des paravents, explique Micheline, la responsable de cette paroisse. Vers 19 h 30, deux bénévoles préparent et partagent le dîner avec eux. Je ne leur demande pas s'ils sont baptisés, de toute façon ils ne supportent pas d'être fliqués. L'année dernière, nous avons accueilli un musulman. Moi j'ai perdu un fils de 25 ans, si je n'avais pas la foi, je dormirais peut-être dans le métro. Eux aussi nous aident. » C'est le troisième hiver que Pascal, 49 ans, couche dans la paroisse. « Je trouve ici un réconfort. Le soir, on arrive à discuter, à plaisanter, C'est plus agréable qu'un centre d'hébergement où il y peut y avoir des vols, des bagarres, et beaucoup de saleté. » L'alcool et la drogue doivent rester à la rue. « L'année dernière, une personne s'est montrée violente verbalement vis-à-vis d'un bénévole, on ne l'a pas reprise cette année », avoue Micheline. Si cette aide originale semble appréciée par ces personnes intérimaires, chômeurs ou retraités, les bénévoles regrettent que seules vingt-deux paroisses sur cent six participent à cette opération de solidarité. La convivialité est d'autant plus palpable dans cette paroisse qu'elle organise depuis 8 ans des petits-déjeuners gratuits le dimanche. Pour Pierre, un bénévole, « un tiers des 150 personnes qui viennent le dimanche vivent à la rue, mais ici on ne peut pas dormir à plus de treize. C'est nécessaire pour favoriser les confidences et la confiance. »O. G.