Paris Rive gauche sur les rails

Hélène Colau
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Des immeubles d'habitation sortent de terre sur l'avenue de France, qui va être prolongée.
Des immeubles d'habitation sortent de terre sur l'avenue de France, qui va être prolongée. — V. WARTNER / 20 MINUTES

C'est un chantier colossal commencé en 1995 et qui doit se poursuivre jusqu'en 2025. L'aménagement du quartier Paris Rive gauche (13e), ancienne friche ferroviaire de 130 ha qui court jusqu'à Ivry (Val-de-Marne), est à moitié réalisé. Très bientôt, un concours d'architecture concernant quatre projets de tours de grande hauteur (jusqu'à 180 m) sera lancé. Leur construction est possible grâce à une modification du plan local d'urbanisme votée en 2010. Depuis 1977, les bâtiments parisiens ne pouvaient dépasser 37 m de haut. « Ce sera le quartier le plus mixte de Paris, avec des bureaux, des universités, des commerces et des habitations », se félicite Jérôme Coumet, le maire (PS) du 13e. Des équipements culturels devraient bientôt compléter le tableau : quatre salles d'art et essai sont prévues pour l'an prochain au sein de la Bibliothèque nationale de France et un appel est lancé afin d'aménager l'ancienne gare Masséna, sur la petite ceinture.

Sur les voies ferrées
Le chantier se développe de part et d'autre du nouveau tronçon de l'avenue de France, qui file jusqu'aux boulevards des Maréchaux. Quand on se penche sur les voies ferrées de la gare d'Austerlitz, au niveau de la rue des Grands-Moulins, des pilastres de béton s'élèvent du sol. Bientôt, une dalle de béton de plusieurs milliers de tonnes viendra les recouvrir. C'est l'une des particularités de la zone Masséna-Chevaleret, dont la construction commence juste : elle sera partiellement bâtie au-dessus des voies. Une méthode qui permet de gagner de l'espace constructible dans une ville déjà très densément urbanisée. « On voit qu'on peut fabriquer la ville en s'appuyant sur le patrimoine, explique Anne Hidalgo, adjointe (PS) au maire de Paris chargée de l'urbanisme. La délicatesse n'exclut pas l'efficacité. » Aujourd'hui, le quartier compte 7 000 habitants. A terme, ils devraient être environ 20 000 dans 7 500 logements. La moitié d'entre eux appartiendront au parc social ; les autres seront vendus environ 9 500 €/m2.